1. Les antidépresseurs: thymoanaleptiques

Ils sont principalement utilisés dans les cas de dépression|/?post/413-La-depression|fr], ainsi que les troubles obsessionnels compulsifs, les phobies et les névroses obsessionnelles. La dépression pouvant évoluer par "poussées", son traitement sera souvent prolongé et répété. Un tiers des dépressions sont résistantes aux traitements médicamenteux. L'éléctroconvulsivothérapie (ECT) est parfois nécessaire et donne de bons résultats.

1.1. Imipraminiques (antidépresseurs tricycliques)

Chef de fil: TROFRANIL®

Autre: ANAFRANIL®

1.1.1. Mécanisme d'action

Les antidépresseurs tricycliques bloquent la recapture de la noradrénaline|/?post/411-Les-grandes-familles-chimiques|fr], de la sérotonine et de la dopamine, ce qui augmente leur concentration dans la fente synaptique.

1.1.2. Inconvénients

Les antidépresseurs tricycliques ont des effets secondaires importants du fait qu'ils agissent sur trois neurotransmetteurs. L'effet secondaire immédiat est la désinhibition. De plus, l'augmentation de la concentration de la noradrénaline|/?post/411-Les-grandes-familles-chimiques|fr] provoque de l'hypertension artérielle.

1.2. Les inhibiteurs des monoamines oxydases (IMAO)

Découverts depuis longtemps, il existe aujourd'hui différentes catégories d'IMAO:

  • les IMAO non spécifiques à un neurotransmetteur
  • les IMAO spécifiques à un neurotransmetteur

1.2.1. Mécanisme d'action

Les IMAO bloquent les enzymes qui dégradent les neurotransmetteurs dans la fente synaptique.

1.2.2. Inconvénients

Les IMAO ont des effets secondaires importants.

Ils ne peuvent être prescrits chez des patients hypertendus car leur espérance de vie s'en trouvera diminuée.

Il ne faut pas les associer avec la prise d'aliments qui augmentent le taux de noradrénaline dans le sang (fromage fermenté, banane...).

1.3. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine

Chef de fil: Prozac®

1.4. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline

Chef de fil: Effexor®

Quelque soit le mode d'action de l'ensemble de ces antidépresseurs, ils ont tous pour effet d'augmenter la concentration en neurotransmetteurs dans la fente synaptique.

1.5. Inconvénients des antidépresseurs

L'effet biochimique est immédiat (augmentation du taux de neurotransmetteurs) mais l'effet thérapeutique n’apparait en moyenne qu'au bout de trois semaines. Le problème est qu'il n'est pas rare, notamment chez les adolescents, d'observer une aggravation des troubles durant ces trois semaines; un passage à l'acte n'est pas à exclure durant cette période. Peuvent alors être associées des benzodiazépines afin de diminuer l'angoisse fréquente pendant cette période.

Ce temps de latence de trois semaines est aujourd'hui bien expliqué. Certains antidépresseurs vont pas exemple agir sur la concentration de sérotonine dans la fente synaptique. Sur le corps céllulaire du neurone pré-synaptique, il existe des récepteurs dont le rôle est de recapture la sérotonine non utilisée. Ces récepteurs vont également moduler l'activité du neurone en inhibant la sécrétion de sérotonine. Ainsi, l'antidépresseur va permettre l'augmentation du taux de sérotonine dans la fente synaptique, sérotonine qui sera recapturé par le neurone pré-synaptique, cette recapture ayant pour effet la diminution de la sécrétion de sérotonine par le neurone pré-synaptique. Cette diminution s'observe durant environ trois semaines, augmentant ainsi l'état dépressif du patient. Cependant, au bout de trois semaines, les récepteurs de la recapture de la sérotonine, hyper stimulés du fait de l'apport en sérotonine par l'antidépresseur, va se désensibiliser. Petit à petit, on observe qu'il va disparaitre du corps cellulaire du neurone pré-synaptique. La libération de sérotonine ne sera alors plus inhibée, entrainant alors une amélioration de l'humeur du patient. Ceci explique que le traitement doit être chronique, au long cours et non ponctuel.

Aujourd'hui, la recherche s'applique à trouver des molécules agissant sur d'autres neurotransmetteurs et à limiter le temps de latence de trois semaines pendant lequel il y a augmentation de l'humeur dépressive.

!!2. Les amphétamines

Les amphétamines ont été initialement utilisées dans le traitement de l'obésité comme coupe-faim. Elles ont été retirées du marché du fait d'effets secondaires importants: perturbations du sommeil, irritabilité, anxiété.

Les amphétamines entrainent:

  • une suppression totale de la fatigue: l'individu dort peu et ne ressent pas de fatigue physique et psychique.
  • un effet euphorisant

Les effets des amphétamines durent peu de temps; elles demandent donc une consommation importante. L'arrêt se caractérise par un sentiment de fatigue intense et une dépression. Les effets secondaires des amphétamines sont des tremblements, des maux de tête (céphalées), des insomnies, une incapacité à se concentrer, des vertiges, des troubles digestifs et des palpitations cardiaques.

Elles entrainent enfin un phénomène de tolérance provoquant des surdosages.

2.1. Mode d'action

Au niveau synaptique, les amphétamines vont agir sur la noradrénaline|/?post/411-Les-grandes-familles-chimiques|fr] et la dopamine: les amphétamines vont augmenter la libération des catécholamines. Comme la noradrénaline est impliquée dans les états d'éveil, augmenter sa libération va venir modifier les états de vigilance de l'individu.

2.2. Utilisation thérapeutique: le Ritalin

Le Ritalin® est prescrit dans les cas de troubles déficitaires de l'attention avec hyperactivité motrice (TDA-H). Il s'agit d'un médicament controversé car on ne connait pas encore ses effets à long terme.

3. L'ecstasy

ectasy.jpg L'ecstasy est un dérivé des amphétamines. Il fut synthétisé en 1912 et utilisé pour le traitement de l'asthme mais fut vite abandonné à cause de ses effets secondaires.

L'ecstasy est une substance stimulante et hallucinogène.

3.1. Effet de l'Ecstasy

L'Ecstasy n'a pas d'effet thérapeutique. Sa consommation entraine:

  • une hyperactivité motrice
  • une augmentation de la vigilance
  • une diminution du sommeil
  • des troubles d'allure psychotiques déclenchés par l'effet hallucinogène de la substance
  • une dépression|/?post/413-La-depression|fr]
  • une irritabilité
  • une fatigue les jours suivants la consommation

3.2. Mode d'action

La molécule d'Ecstasy agit au niveau des récepteurs de la sérotonine, les récepteurs 5HT-2. Elle a un effet agoniste à la sérotonine et agit également sur la libération des catécholamines.

La durée d'action de l'Ecstasy est de quelques heures, selon la concentration du cachet absorbé en molécules actives.

3.3. Effets indésirables

Les risques liés à la consommation d'Ecstasy sont:

  • des convulsions
  • une hyperthermie
  • une déshydratation non ressentie par le sujet du fait de l'absence de fatigue
  • un phénomène de "flash back": survenue angoissante d'hallucinations dans les jours suivants la prise de la substance. Le patient peut ne jamais revenir à un état initial normal.

4. Le coca

coca.jpgLe coca est extrait de cocaïer (ou érytroxylon) depuis plus de trois mille ans afin de lutter contre la fatigue ou lors de cérémonies religieuses. Son effet s'exprime à travers la consommation directe, par mastication, des feuilles des arbres. Sa diffusion est lente.

En 1860, on en a extrait le principe qui est la cocaïne. Freud l'a d'ailleurs utilisée et prescrit à ses patients. La cocaïne a initialement été utilisée pour améliorer certains symptômes respiratoires car elle permet une dilatation des bronches. Pendant longtemps, elle a été introduite dans des élixirs toniques.

En 1906, elle fut retirée du coca-cola.

Le Crack est fabriqué à partir du chlorhydrate de cocaïne: il induit une dépendance et un phénomène de tolérance.

La cocaïne agit au niveau des synapses dopaminergiques en bloquant la recapture de la dopamine: comme il y plus de dopamine dans la fente synaptique, son effet est maximisé.

5. Caféine, théophylline

caf_ine.jpg La caféine et la Théophylline vont venir bloquer les récepteurs de l'adénosine. L'état d'éveil est alors plus prononcé, avec une augmentation de l'état de vigilance et de l'attention. Toutefois, une concentration trop forte en substance active provoque une hyperactivité.

Il existe un phénomène de tolérance pour ces substances.

6. La nicotine

nicotine.jpg En 1492, C. Colomb a découvert l'Amérique et le tabac. L'alcaloïde du tabac, la nicotine, est responsable du phénomène de dépendance. La nicotine a une action agoniste sur les récepteurs cholinergiques. Va s'effectuer au niveau de la synapse une hétéro régulation: une substance, la nicotine, va venir réguler la libération d'une autre substance, la dopamine. Cette libération se fait dans différentes régions du cerveau, principalement au niveau du cortex cérébral.

La libération de dopamine est à la base du phénomène de dépendance: elle a un effet stimulant avec augmentation des capacités de concentration, améliore les capacités d'apprentissage. Si la nicotine est mal dosée, elle peut entrainer une hyperactivité.

Lors d'un sevrage, on observe chez les patients des sensations de manque avec irritabilité, fatigue, troubles de l'humeur, difficultés de concentration. La consommation de tabac peut masquer des états dépressifs qui vont apparaitre lors du sevrage.