Description et interaction des cervaux émotionnel et cognitif

1. Introduction

Sans émotion, la vie perd son sens. Sans émotion, nous perdons nos repères les plus fondamentaux et devenons incapables de faire des choix en fonction de ce qui nous importe véritablement.

2. Cerveau émotionnel et cognitif

Le cerveau cognitif est représenté par l’ensemble du cortex cérébral, situé à la surface du cerveau.

Le cerveau émotionnel est situé au niveau du diencéphale, du système limbique. Le système limbique fait intervenir différents centres nerveux dont:

  • l'hypothalamus: il contrôle entre autres le système endocrinien, ortho et parasympathique, le cycle reproducteur... Il entre dans le contrôle des comportements instinctifs.
  • l’hippocampe: il s'agit du centre de la mémoire. Il transfert les informations de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme et associe le souvenir à une émotion.
  • l'amygdale: il est impliqué dans les comportements d'insertion sociale d'un individu dans un groupe.

Ces différentes structures sont elles-mêmes connectées aux:

  • systèmes ortho et parasympathiques: ces systèmes activent ou freinent les sensations physiques ressenties lors d'émotions intenses.
  • le cortex préfrontal (cortex associatif): il est le siège des émotions, de la pensée. Il sera mobilisé afin d'attribuer du sens, une signification à une information.

Par ailleurs, les émotions doivent être modulées par une analyse rationnelle dont est chargée le cerveau cognitif. Sans réflexion, concentration, planification, nous serions ballotés entre les aléas du plaisir et de la frustration donnant lieu à des comportements inadaptés à l'environnement.

Enfin, le cortex cingulaire lié au système limbique relie les émotions et la douleur.

2.1. Relation corps et cerveau émotionnel

Les viscères communiquent directement avec l'hypothalamus et les structures qui y sont liées. En agissant sur le corps, on peut agir sur le cerveau émotionnel et par conséquent gérer ses émotions et contrôler la physiologie du corps (cœur, respiration, appétit, sommeil, libido...).

2.2. Relation langage et cerveau cognitif

Le cerveau cognitif contrôle la pensée, le langage, l'abstraction, le raisonnement. Le cortex préfrontal contrôle l'attention, la concentration, la planification, l'inhibition sociale et tout ce qui a attrait avec la notion de morale, de respect...

Toutefois, le cerveau cognitif aura une influence limitée sur le cerveau émotionnel.

Le cerveau cognitif et le cerveau émotionnel perçoivent l'information provenant du monde extérieur pratiquement en même temps. Ils peuvent alors coopérer ou se disputer le contrôle de la pensée, des émotions et du comportement. Toute forme de compétions entre le cerveau cognitif et le cerveau émotionnel va être ressenti comme un mal être. Par contre, lorsque les deux cerveaux se complètent, l'un pour donner un sens à ce que nous vivons (cerveau émotionnel), l'autre pour avancer de la manière la plus intelligente qui soit (cerveau cognitif), nous ressentons une harmonie intérieure, un véritable bien être.

2.3. Le court circuit émotionnel

Le cerveau émotionnel a la charge de surveiller l'environnement en arrière plan. Lorsqu'il détecte un danger ou une opportunité exceptionnelle, il déclenche une alarme qui annule en quelques millisecondes toutes les opérations du cerveau cognitif et interrompt son activité. Cette alarme part de la formation réticulée (lieu de mélange et de tri de toutes les informations reçues). Si l'information ne présente pas d'intérêt, elle sera inhibée. Par contre, les informations importantes seront amplifiées et, par conséquent, notre attention sera fixée sur elles. Ce fonctionnement permet au cerveau de se concentrer sur ce qui est essentiel à sa survie.

Une équipe de chercheur a montré que, sous l'effet d'un stress important, le cortex préfrontal ne répond plus et perd sa capacité à guider notre comportement. De ce fait, ce sont les réflexes et les réactions instinctives qui vont guider nos actions.

2.4. L'étouffement cognitif

Le cerveau cognitif contrôle nos émotions avant qu'elles deviennent disproportionnées. Une étude par imagerie fonctionnelle montre que, lorsque nous regardons des images pénibles, notre cerveau émotionnel réagit immédiatement. Toutefois, si on fait l'effort de se raisonner, ce sont les régions corticales que l'on voit prendre le dessus; elles vont inhiber le cerveau émotionnel.

Dans certains cas problématiques, le cerveau cognitif étouffe littéralement le cerveau émotionnel, rendant la personne insensible; elle n'est plus réceptive aux signaux d'urgence envoyés par le cerveau émotionnel. Malheureusement, ce n'est pas parce qu'on se rend aveugle à une détresse que celle-ci n'existe pas. Les personnes vont alors présenter différents symptômes bien connus en lien avec les maladies liées au stress: fatigue excessive, anxiété, tachycardie, hypertension, troubles digestifs, infections à répétition, infertilité, problème de peau...

Plusieurs méthodes naturelles existent afin de gérer son stress:

  • la cohérence (variabilité) cardiaque
  • la nutrition: les acides gras oméga-3
  • l'acupuncture

3. Exemple: émotion et motricité intestinale

Le noyau dors latéral de l'hypothalamus active la prise de nourriture et la motricité du colon ce qui explique que la prise de nourriture s'accompagne de défécation. On parle alors de reflexe gastrocolique. Souvent, lorsqu'une personne est constipée, on va lui réapprendre à manger pour stimuler le reflexe gastrocolique (manger peu le soir et beaucoup le matin et aller aux toilettes systématiquement après avoir mangé).

Par opposition, le noyau ventrolatéral de l'hypothalamus est impliqué dans les comportements de défense et il bloque la prise de nourriture (centre de la satiété), bloque la motricité du colon.

L'étroite proximité, voire le chevauchement des aires hippocampique qui contrôlent à la fois la motricité de l'intestin, la consommation de nourriture et les réactions comportementales face à l'environnement explique l'incidence du stress (cerveau émotionnel) sur l'activité motrice intestinale.




Voir aussi:

Cours de master 1 de pharmacologie, Université de Savoie, recherches personnelles