1. Les hypnotiques (somnifères)

Les hypnotiques ont un effet calmant. Ce sont principalement des médicaments destinés aux troubles du sommeil. Une consommation au long cours peut entrainer des troubles mnésiques ainsi qu'une dépression.

2. Les benzodiazépines

Ces molécules sont utilisées au plan thérapeutique afin d'améliorer l'état anxieux. Ils peuvent cependant entrainer une dépendance physique et psychique, l'arrêt provoquant un syndrome de sevrage avec anxiété, troubles du sommeil, de l'appétit et une agitation. A long terme, ils peuvent provoquer des troubles de mémoire.

La première benzodiazépine a été découverte en 1861 par hasard. La première commercialisée fut le Valium dont la molécule active est le diazépam.

2.1. Indications des benzodiazépines

2.1.1. Troubles anxieux

  • manifestations anxieuses paroxystiques
  • attaque de panique
  • trouble panique avec ou sans agoraphobie
  • anxiété généralisée, trouble de l'adaptation
  • troubles réactionnels à des facteurs de stress

2.1.2. Troubles dépressifs

  • trouble de l'adaptation avec humeur dépressive

2.1.3. Troubles liés à l'utilisation d'une substance (alcool)

2.1.4. Troubles psychotiques

2.1.5. Troubles organiques

  • manifestations anxieuses dans des pathologies aigues ou chroniques

  • syndrome extrapyramidal secondaire à une prise de neuroleptique
  • algies aigues ou chroniques
  • prémédication opératoire

2.2. Effets thérapeutiques

Les benzodiazépines ont des effets différents, selon la localisation des canaux chlore dans le cerveau. Leur action principale est toutefois de diminuer l'anxiété de manière significative.

Ils ont pour effets secondaires des effets:

  • hypnotiques (soulagement de l'insomnie)
  • anticonvulsivant
  • myorelaxant (relâchement, décontraction musculaire)
  • amnésiant (dans les prises au long cours).

Divers comportements peuvent être observés selon l'effet principal de la substance

  • effet anxiolytique: désinhibition, euphorie, trouble du jugement pouvant aller jusqu'à une perte de la maitre de soi
  • effet hypnotique: effet sédatif (baisse de réponse par un niveau fixe de stimulation, diminution de l'activité spontanée mentale et physique), diminution du temps nécessaire à l'endormissement avec augmentation de la phase de sommeil lent sans mouvement rapide des yeux, diminution de la durée de sommeil paradoxal, du sommeil avec ondes lentes (sommeil pendant lequel les neurones "récupèrent" au plan fonctionnel. Il permet de maintenir l'homéostasie. Sa perturbation peut entrainer une perturbation du système nerveux central, voire une dépression).
  • effet myorelaxant: inhibition des reflexes poly synaptiques, de la transmission inter neurale sur la jonction neuromusculaire.
  • effet amnésiant: amnésie du type antérograde, marquée par les benzodiazépines rapidement absorbés. Elle atteint surtout le sujet âgé. Le Rohypnol fait parti des benzodiazépines n'ayant pas d'usage thérapeutique. Il montre des effets puissants. Il était beaucoup utilisé dans les cas de viols car il induit un état de sédation et une amnésie importante.

2.3. Contre indications

Les benzodiazépines sont contre indiquées dans les cas suivants

  • allergie identifiées aux benzodiazépines
  • insuffisance respiratoire chronique
  • myasthénie (fatigue musculaire)
  • pratique d'une activité requérant une activité normale (conduite automobile)

2.4. Effets indésirables

Les effets indésirables s'observent généralement lors d'un usage abusif ou prolongé. Les benzodiazépines doivent donc être administrées sous contrôle médical stricte.

Un phénomène de dépendance apparait chez 45% des patients traités au long cours. On peut observer des signes de manque en cas d'arrêt du traitement: anxiété, insomnie, céphalées, crampes, incoordination motrice, irritabilité, nausées, vertiges, difficultés de concentration. Ces troubles cessent lors de la ré administration du produit.

Un sevrage est donc nécessaire lors de l'arrêt du traitement, n'excluant pas cependant l'apparition de troubles du sevrage tels qu'une excitation exagérée et des phénomènes convulsifs.

2.5. Toxicité

Les benzodiazépines ont un index thérapeutique important, autrement dit une toxicité réduite. Les signes d'intoxication aux benzodiazépines sont:

  • une tendance à l'hypothermie
  • une dépression respiratoire avec parfois des signes d'encombrement bronchique
  • un coma souvent léger, calme et hypotonique
  • un arrêt respiratoire, mort

L'antidote aux benzodiazépines est le flumazénil (Anexate). Il déloge la molécule de benzodiazépine de son récepteur et se met à la place de celle-ci, annulant ainsi son effet.

3. Les neuroleptiques

Appelés autrefois "les tranquillisants majeurs", ils vont être à l'origine de divers effets:

  • état d'indifférence psychomotrice
  • effet sédatif: diminution de l'agressivité, de l'angoisse, de l'agitation et de l'excitation
  • réduction des psychoses aigues et chroniques
  • action anti productive sur les symptômes psychotiques positifs
  • action désinhibitrice, "anti déficitaire" sur les symptômes psychotiques négatifs
  • effets secondaires neurologiques et neurovégétatifs (hypersécrétion de salive, difficultés d'élocution, inhibition de la libido, difficultés d'érection)
  • action sous corticale prédominante

3.1. Classification

Il existe quatre classes principales de neuroleptiques:

  • les phénothiazines (les plus anciens) avec pour chef de file le Largactil
  • les butyrophénones avec pour chef de file l'Aldol
  • les thioxanthènes avec pour chef de file le Taractan
  • les benzamides avec pour chef de file de Dogmatil

Ces neuroleptiques ont une demi-vie très longue, de 20 à 40 heures. Ils ont tendance à s'accumuler dans l'organisme et certains sont présents plusieurs semaines, voire plusieurs mois après l'arrêt du traitement. Ils passent la barrière placentaire et se diffusent dans le lait maternel.

3.2. Mode d'action

Les neuroleptiques sont des substances anti dopaminergiques: elles vont agir sur les récepteurs D2 de la dopamine les bloquant. L'action "antipsychotique" se situerait u niveau des aires limbiques et frontales. Les symptômes psychotiques positifs sont les plus sensibles au traitement.

A coté de leur action anti dopaminergique D2, les neuroleptiques possèdent également, selon les produits, des potentialités anti dopaminergique D4, anti adrénergiques alpha 1 et alpha 2, anti cholinergiques, antisérotoninergiques (5HT2) et anti histaminiques.

3.3. Indications

Les neuroleptiques sont indiqués dans les cas de:

  • excitation psychique, agitation motrice
  • psychoses aigues
  • accès manique: an cas de besoin en début de traitement
  • accès mélancolique délirant (en association avec un antidépresseur)
  • trouble confuso-onirique
  • délires chroniques systématisés
  • action anti-vomissement
  • anesthésiologie (pratique de la neuroleptanalgesie)



3.4. Effets indésirables

  • au niveau psychique: indifférence psychoaffective, motrice, syndrome dépressif, confusion mentale, agitation, réactivation anxieuse ou délirante.
  • dystonies (dyskinésies) aigues
  • syndrome pseudo parkinsonien: akinésie, rigidité, hypertonie, tremblements
  • au niveau endocrinien: aménorrhée, galactorrhée (sécrétion excessive de lait par les glandes mammaire chez une femme), impuissance, frigidité, prise de poids
  • signes végétatifs: syndrome atropinique, hypotension orthostatique
  • syndrome malin des neuroleptiques: complication grave dans 1% des cas entrainant 15 à 20% de mortalité. Il est à évoquer devant toute fièvre inexpliquée d'installation rapide avec hyperthermie majeure, déshydratation, pâleur, tachycardie, contractures, crampes, crises convulsives, troubles de la conscience. Ces troubles seraient dus au blocage trop rapide des récepteurs dopaminergiques entrainant un syndrome extrapyramidal grave.

4. L'alcool

L'alcool n'a bien évidemment aucun usage thérapeutique. Une consommation importante peut entrainer à long terme un ralentissement des fonctions cérébrales, des troubles cognitifs pouvant aller vers une véritable démence de Korsakoff, un ralentissement psychomoteur et une dépression, une augmentation de l'anxiété.

5. Mode d'action des psychotropes dépresseurs

Les psychotropes dépresseurs vont avoir une action au niveau des récepteurs GABA-A (acide aminé inhibiteur); ils vont venir potentialiser l'effet naturel du GABA (Acide Gamma Amino Butirique), le renfoncer. Le GABA est le seul neurotransmetteur ayant un effet uniquement inhibiteur sur le cerveau (dans la moelle épinière, le neurotransmetteur inhibiteur est la glycine). En effet, la plupart des neurotransmetteurs sont mixtes; leurs effets dépendent du récepteur sur lequel ils se fixent.

Le récepteur du GABA est une protéine canal (canal chlore). Lorsque le GABA se fixe sur sont récepteur, le canal s'ouvre permettant l'entrée de chlore dans le neurone provoquant ainsi une hyperpolarisation du neurone. Cette hyperpolarisation rend le neurone réfractaire à toute excitation. La plupart des médicaments contre l'épilepsie utilise ce principe car la crise d'épilepsie traduit une hyperexcitabilité des neurones|/?post/391-Neurocytologie-%3A-Quest-ce-quun-neurone|fr].

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