C’est au 19ème siècle que FREUD fit des études poussées sur la névrose hystérique. Il est bon de rappelé que ces personnes ne sont pas des simulatrices. Selon FREUD, l’hystérique aurait subie une « séduction » de la part d’un adulte, le plus souvent le père. Cette séduction causerait un traumatisme pendant l’enfance qui ne prendrait effet qu’après coup, suite à un évènement mineur ; il y aurait alors déclaration de la symptomatologie. Autrement dit, la névrose hystérique traduirait la résolution pathologique d’une sexualité conflictuelle.

La névrose hystérique est également appelée « névrose de conversion », le symptôme le plus prépondérant étant, pour le courant psychanalytique, les troubles de conversion faisant suite à la mise en place du mécanisme de défense de la conversion (la représentation inacceptable génératrice d’angoisse est transposée à une perturbation physique comportant une signification symbolique inconsciente).

Les symptômes de conversion

Les symptômes somatiques, de conversion se caractérisent par l’absence d’atteinte organique sous jacente au trouble.ils sont réversibles même s’ils se montrent rebels ou durables aux soins.

Troubles de la motricité et du tonus

Crises pseudo-convulsives, généralement spectaculaires: elles ont été décrites initialement par Charcot avec des douleurs dans le ventre, des douleurs ovariennes, des troubles visuels, une perte de connaissance, une raideur du corps. C’est ce que l’on nomme « la grande crise hystérique » ; elles sont aujourd’hui très rares, mais plus présentent dans les sociétés traditionnelles. De nos jours, ces crises sont plus dégradées, l’agitation étant plus discrète, comprenant des crises de larmes, des tremblements de plusieurs membres, de la tête, des hoquets répétés, des toux spasmodiques, une sensation de boule à la gorge (dysphagie), une somnolence diurne, un pseudo-coma (pouvant durer plusieurs minutes à plusieurs jours), de l’asthénie, de l’astasie abasique (incoordination des membres inférieurs et supérieurs), une « crampe de l’écrivain » (plus de sensation dans la main avec laquelle on écrit), une pseudo-paralysie hystérique qui peut affecter n’importe quel membre (souvent le membre paralysé est significatif), une aphonie qui peut aller jusqu’au mutisme, des spasmes des sphincters.

Les troubles sensitifs

Anesthésie, frigidité chez la femme hystérique, des maux de ventre, les organes des sens peuvent être le siège de manifestations de conversion comme la pseudo-surdité, la pseudo-cécité, des troubles neurovégétatifs, des symptômes gastro-intestinaux, des symptômes gynécologiques (aménorrhée : absence des règles, règles irrégulières, abondantes…)

Les symptômes psychiques intermittents

Il existe quatre grands symptômes :

  • L’amnésie psychogène : incapacité soudaine à évoquer des souvenirs personnels importants. Il n’est pas nécessaire que l’évènement oublié soit traumatique, le caractère conflictuel de sa signification affective peut suffire pour le faire tomber sous le coup de la censure.
  • Les fugues psychogènes : les personnes partent du domicile, du travail avec l’impossibilité de se souvenir du passé. Il y a parfois, mais très rarement, l’adoption d’une autre identité.
  • Le somnambulisme : il serait du au clivage de la conscience. Les sujets vont reproduire des scènes dramatiques imaginaires ou des évènements vécus avec une amnésie totale de l’épisode au réveil.
  • Etats crépusculaires et troubles dissociatifs atypiques : perte de la réalité, état de transe.

Contexte clinique des symptômes

Les symptômes hystériques comportent souvent plusieurs particularités ayant une valeur d’orientation diagnostique. En effet, le diagnostic d’un trouble de conversion ne repose pas seulement sur son absence d’organicité ; il est surtout vécu et présenté de manière tout à fait particulière par l’hystérique.

Souvent, les symptômes vont être spectaculaires et seront présentés de manière dramatique. Le récit des symptômes se fait dans un mode très romancé. Parallèlement, on va retrouver la « belle indifférence de l’hystérique » ; la personne semble peu concernée par son trouble. D’une part, le sujet dramatise son trouble mais d’autre part, il peut affirmer qu’il ne le gène pas et aller jusqu’à l’oublier.

Les hystériques présentent une grande sensibilité à la suggestion. Cette suggestibilité peut avoir un pouvoir de renforcement dans la psychothérapie mais le désir de plaire à l’interlocuteur peut par contre contribuer à la persistance du symptôme. Les symptômes sont donc labiles et fluctuants ; ils apparaissent et disparaissent au gré des contrariétés de la personne.

L’hystérique est dans un mode relationnel de séduction, notamment avec les soignants, avec une érotisation des relations interpersonnelles mais un évitement de la sexualité.

L’hystérique va présenter une plasticité à l’égard des manifestions psychopathologiques ; elle va reproduire ce qu’elle a pu voir chez quelqu’un d’autre ; il s’agit d’une identification inconsciente à la pathologie de l’autre.

Les bénéfices secondaires de cette pathologie sont importants. Ces troubles vont entrainer un grand intérêt de l’entourage pour le patient. Il est préconiser d’isoler la patient hystérique quand celle-ci est en crise. En effet, l’attention d’autrui va contribuer à l’augmentation de ces scènes spectaculaires.

Ces troubles ont une valeur de refuge : la conversion est un mécanisme de défense qui comporte un bénéfice primaire ; refouler la représentation mentale inacceptable et effacer la charge affective trop douloureuse pour le moi conscient.

Psychanalyse et hystérie

Hystérie et traumatisme affectif

Les études de FREUD prennent pour point de départ le débat sur l’hystérie de la fin du 19ème siècle. Selon lui, les causes de l’hystérie sont psychiques et ne sont pas liées à une lésion du système nerveux. L’étiologie de la névrose hystérique est rapportée dans ses premiers travaux à des expériences traumatiques passées.

Hystérie et méthode cathartique

Le traitement cathartique sous hypnose a pour objectif de faire remémorer au sujet l’évènement traumatique qui a été oublié, refoulé. Lorsque le patient se rappelle de cet évènement, il exprime alors les émotions qu’il n’avait pu exprimer au moment ou l’évènement est arrivé. Cette décharge émotionnelle est appelée « catharsis ». L’association « rappel de l’évènement traumatique et décharge émotionnelle » produit une disparition des symptômes hystériques.

Hystérie et théorie de la conversion et du refoulement


FREUD se base sur la méthode cathartique pour créer le terme d’hystérie de conversion ; il s’agit de la conversion d’un affect lié à une expérience traumatique. L’affect (colère, haine, humiliation, douleur) n’a pu être exprimé au moment de l’expérience traumatique et il est converti en une innervation corporelle (trouble de conversion). La représentation liée à l’évènement est refoulée, chassée de la conscience.

Refoulement : mécanisme de défense qui permet de garder hors de la conscience l’affect pénible.

Hystérie et théorie de la séduction sexuelle

L’enfant, d’un point de vue économique est incapable d’intégrer l’expérience traumatisante. Il y a un trop plein d’excitation (peur…). FREUD dit que l’enfant ne refoule pas cet évènement mais qu’il n’a pas d’importance pour lui ; l’enfant ne réagit pas tout de suite.

Rapidement dans ses travaux, FREUD met l’accent sur la nature sexuelle de la scène traumatique déclenchante. Il s’agit d’une séduction sexuelle subie dans l’enfance qui n’a d’effet pathogène que dans un deuxième temps (théorie de l’après coup), lors d’un deuxième évènement traumatique venant rappeler par des éléments associatifs le premier. Ce deuxième traumatisme n’est pas nécessairement sexuel mais va faire ressortir toutes les excitations traumatiques qui n’ont pas été élaborées et liquidées.

Dans un second temps, FREUD ne croit plus aux scènes de séduction (en 1897) racontées par ses patientes. Il pense qu’il s’agit là de fantasmes en relation avec le complexe d’Œdipe et correspondant à un compromis entre un désir inconscient et les interdits parentaux.

Théories psychanalytiques actuelles sur l’hystérie

Ces théories mettent l’accent sur les carences affectives précoces, la fixation au stade œdipien (difficultés identificatoires à la mère, sans toutefois que la mère soit responsable de cette situation), la rivalité conflictuelle trop marquée à l’égard du parent du même sexe, la dévalorisation des images parentales.




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