Lorsque l’on évoque le diagnostic de psychose, celui-ci nécessite l’existence chez le patient de plusieurs caractéristiques cliniques dont :

  • un syndrome délirant et/ou dissociatif
  • une perte de contact avec la réalité
  • une absence totale, partielle ou temporaire de la connaissance de la gravité du trouble (absence de prise de conscience de la maladie).

Dans la classification psychopathologique française, la différenciation entre les divers syndromes psychotiques repose essentiellement sous la présence ou non d’une dissociation mentale. On doit à Bleuler (1911) le concept de dissociation mentale, nommé également désorganisation, trouble formel de la pensée :

  • si présence de phénomènes clinique attestants d’une dissociation mentale, on parlera de schizophrénie
  • si absence de phénomènes clinique attestants d’une dissociation mentale, on parlera de délire chronique non schizophrénique ; selon le mécanisme délirant en jeu, on distingue :

- les paraphrénies où le mécanisme délirant est l’imagination

- la psychose paranoïaque utilisant le mécanisme interprétatif

- la psychose hallucinatoire chronique repose sur un mécanisme hallucinatoire.

Dans le DSM IV, on ne retrouve pas cette classification. Le terme de schizophrénie paranoïde viendra remplacer le concept de psychose hallucinatoire chronique.




Les troubles schizophréniques

Les psychoses non dissociatives : les délires chroniques

La psychose hallucinatoire chronique




Biographie (Encyclopédie Universalis)

BLEULER EUGEN (1857-1939)

bleuler.jpeg Psychiatre suisse, né à Zurich, professeur de psychiatrie à l’université de sa ville natale et directeur du célèbre hôpital psychiatrique du Burghölzli. Marqué par les travaux de psycho-physiologie de Wundt et par les idées de Freud, qui lui furent transmises par Jung, alors son assistant, Eugen Bleuler est surtout connu par sa mise en question du concept nosologique de « démence précoce ».

Il crée à ce propos, dans son ouvrage sur la démence précoce (Dementia praecox oder Gruppe der Schizophrenien, 1911), la notion de « groupe des schizophrénies », qui recouvre le cadre monolithique établi par Kraepelin, et il insiste sur les troubles affectifs de la maladie et sur son aspect relationnel, caractérisé par le repli sur soi ou « autisme », la Spaltung (fissure) — fondamentale dans l’activité physique — et l’ambivalence. Mais peu à peu et sans doute par suite d’un éloignement progressif par rapport à l’entourage freudien, Bleuler cesse de privilégier cet aspect affectif et relationnel, ainsi qu’une certaine psychogenèse de la schizophrénie, pour en revenir à une organogenèse de plus en plus stricte, les signes « primaires » de l’affection se limitant alors à des troubles biologiques, qui sont pourtant mineurs sur le plan clinique.

Si l’on considère, outre son travail sur les schizophrénies, son Traité de psychiatrie (Lehrbuch der Psychiatrie, 1re éd. 1911, 12e éd. refondue par M. Bleuler, 1972), on doit reconnaître que ses études ont constitué pour la psychopathologie de la psychose un apport majeur. Sur le plan de l’assistance psychiatrique, Bleuler est aussi le promoteur de méthodes nouvelles qui mirent la Suisse en tête des nations européennes, dans ce domaine, avant la Seconde Guerre mondiale.