Les études en milieu carcéral montrent, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, une prévalence de troubles mentaux graves comme la schizophrénie et des troubles affectifs majeurs par comparaison avec la population générale. Cette prévalence serait de deux à trois fois plus élevée chez les détenus que dans la population générale.

Le risque le plus élevé des comportements violents serait associé à des psychoses induites par l’alcool et des schizophrénies avec abus de substances.

Facteurs organiques

Les facteurs organiques pouvant être associés à l’agressivité violente est impulsives sont les suivant :

  • démences
  • Maladie de Huntington : maladie neurodégénérative de l’adulte, à évolution chronique, associant un syndrome choréique, qui touche d’abord les mains et la face, puis l’ensemble de la musculature, et des troubles des fonctions supérieures, à début souvent insidieux : dépression, irritabilité, baisse des capacités mnésiques et attentionnelles aboutissant à la démence. Elle est due à une dégénérescence atrophique du noyau caudé, du putamen et du cortex cérébral. L’adjectif « choréique » renvoie à la chorée, maladie nerveuse caractérisée par des mouvements involontaires et irréguliers, tantôt lents, tantôt rapides, accompagnés d’une hypotonie musculaire et de troubles de la coordination.
  • Les lésions cérébrales (notamment de localisation frontale)
  • Le syndrome de Korsakoff : ensemble de troubles psychiques liés à des lésions atrophiques diffuses du cerveau au voisinage du troisième ventricule entraînant une perte de la capacité de stockage des informations, une désorientation, des confabulations. La cause souvent invoquée est l’alcoolisme.
  • L’épilepsie
  • Plus rare, une hypoglycémie ou une hyperthyroïdie.

Facteurs psychopathologiques

Le risque de passage à l’acte violent semble corrélé avec la dimension impulsive et suicidaire du patient.

La dimension impulsive

L’impulsivité peut être décrite comme la tendance à l’action avant la réflexion s’accompagnant d’un manque d’anticipation ou d’une mauvaise estimation des conséquences avec facilité du recours au passage à l’acte. autrement dit, elle correspond à l’incapacité à différer un comportement, à contrôler ses émotions sexuelles et/ou agressive, à retarder une récompense, le tout accompagné d’une recherche intense de la nouveauté.

Le trouble du contrôle des impulsions est défini comme l’incapacité à résister à l’impulsion ou à la tentation de commettre un acte dangereux pour le sujet ou pour autrui. Le sujet épreuve une sensation de soulagement ou de satisfaction lorsqu’il cède à l’impulsion. Dans le DSM IV, est défini comme trouble du contrôle des impulsion, le trouble explosif intermittent, la kleptomanie, la pyromanie, le jeu pathologique, la trichotillomanie et un certain nombre de troubles non spécifiés.

Trouble explosif intermittent (DSM IV)

A) Plusieurs épisodes distincts d’incapacité à résister à des impulsions agressives, aboutissant à des voies de fait graves ou à la destruction de biens.

B) Le degré d’agressivité exprimé durant les épisodes est sans commune mesure avec un quelconque facteur de stress psychosocial déclenchant.

C) Les épisodes agressifs ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble mental (p. ex., une personnalité antisociale ou borderline, un trouble psychotique, un épisode maniaque, un trouble des conduites ou un déficit de l’attention/hyperactivité) et ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., une substance donnant lieu à abus, un médicament) ou une affection médicale générale (p. ex., un traumatisme crânien ou une maladie d’Alzeimer).

Kleptomanie (DSM IV)

A) Impossibilité répétée de résister à l’impulsion de voler des objets qui ne sont dérobés ni pour un usage personnel ni pour leur valeur commerciale.

B) Sensation croissante de tension juste avant de commettre le vol.

C) Plaisir, gratification ou soulagement au moment de commettre le vol.

D) Le vol n’est pas commis pour exprimer la colère ou la vengeance, ni en réponse à des idées délirantes ou des hallucinations.

E) Le vol n’est pas mieux expliqué par un trouble des conduites, un épisode maniaque ou une personnalité antisociale.

Pyromanie (DSM IV)

A) Allumage délibéré et réfléchi d’incendies, survenant à plusieurs reprises.

B) Tension ou excitation émotionnelle avant l’acte.

C) Fascination, intérêt, curiosité ou attirance pour le feu et pour tout ce qui s’y rapporte (p.ex., matériel, utilisation, conséquences).

D) Plaisir, gratification ou soulagement en allumant des incendies, en les contemplant ou en participant aux événements qui en résultent.

E) Le feu n’est pas allumé pour un bénéfice commercial, ni pour manifester une idéologie sociopolitique, camoufler une activité criminelle, exprimer la colère ou la vengeance, améliorer ses conditions de vie, ni en réponse à des idées délirantes, à des hallucinations ou à un trouble du jugement (comme p.ex., dans la Démence, le Retard mental ou l’Intoxication par une substance).

F) L’allumage d’incendies n’est pas mieux expliqué par un Trouble des conduites, un épisode maniaque ou une personnalité antisociale.

Jeux pathologique (DSM IV)

A) Pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes :

  • 1. Préoccupation par le jeu (p. ex., préoccupation par la remémoration d’expérience de jeu passé ou par la prévision de tentatives prochaines, ou par les moyens de se procurer de l’argent pour jouer).
  • 2. Besoin de jouer avec des sommes d’argent croissantes pour atteindre l’état d’excitation désiré.
  • 3. Efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu.
  • 4. Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction ou d’arrêt de la pratique du jeu.
  • 5. Joue pour échapper aux difficultés ou pour soulager une humeur dysphorique (p. ex., des sentiments d’impuissance, de culpabilité, d’anxiété, de dépression).
  • 6. Après avoir perdu de l’argent au jeu, retourne souvent jouer un autre jour pour recouvrer ses pertes (« pour se refaire »).
  • 7. Ment à sa famille, à son thérapeute ou à d’autres pour dissimuler l’ampleur réelle de ses habitudes de jeu.
  • 8. Commet des actes illégaux, tels que falsifications, fraudes, vols ou détournement d’argent pour financer la pratique du jeu.
  • 9. Met en danger ou perd une relation affective importante, un emploi ou des possibilités d’étude ou de carrière à cause du jeu.
  • 10. Compte sur les autres pour obtenir de l’argent et se sortir de situations financières désespérées due au jeu.

B) La pratique du jeu n’est pas mieux expliquée par un épisode maniaque.

Trichotillomanie (DSM IV)

A) Arrachage répété de ses propres cheveux aboutissant à une alopécie (calvitie et perte de cheveux) manifeste.

B) Sentiment croissant de tension juste avant l’arrachage des cheveux ou bien lors des tentatives faites pour résister à ce comportement.

C) Plaisir, gratification ou soulagement lors de l’arrachage des cheveux.

D) La perturbation n’est pas mieux expliquée par un autre trouble mental et n’est pas due à une affection médicale générale (p. ex., à une affection dermatologique).

E) Les perturbations causent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.

La dimension suicidaire

Les études réalisées sur le sujet montrent que la majorité des idées d’homicides sont précédées et/ou s’accompagne d’idées suicidaires d’où la précaution de rester vigilant lorsqu’un patient manifestent ces deux types d’idées (homicide et suicide) simultanément.




Les différents troubles psychiatriques en lien avec des conduites hétéroagressives sont les suivants :

  • schizophrénie
  • paranoïa
  • personnalité antisociale
  • personnalité borderline
  • personnalité « sadique »
  • déficience intellectuelle
  • dépression
  • bipolarité
  • bouffée délirante aiguë
  • troubles du sommeil
  • troubles anxieux
  • conduites addictives




Voir aussi...

Ouvrages

Les comportements violents et dangereux