Les auteurs de crimes souffrant d’anomalies psychiques se distinguent des meurtriers dotés d’une personnalité sensiblement « normale », commettant leur crime de façon lucide et dont la motivation est rationnelle et utilitaire (règlement de comptes, homicide par vengeance, euthanasie…). La classification des homicides « pathologiques » est la suivante ; les auteurs distinguent :

  • l’homicide impulsif : l’auteur de ces crimes peut être porteur d’une déficience intellectuelle légère, d’un trouble de la personnalité type borderline ou antisociale. Ces crimes sont souvent commis en état d’ivresse avec une colère pathologique survenant au décours d’un conflit, d’une frustration ou d’une crise.
  • L’homicide passionnel : le criminel se retrouve incapable de surmonter une séparation ou une menace de rupture. La victime est ici le plus souvent le ou la partenaire ainsi que les enfants du couple.
  • L’homicide sexuel : les motivations d’un tel acte peuvent être la domination de la victime, la colère, le plaisir (sadisme sexuel). Le crime serait d’autant moins planifié et organisé que l’auteur est jeune, inexpérimenté, sous l’influence d’un psychotrope. Ici, la victime est généralement inconnue du meurtrier.
  • L’homicide dépressif : il peut être le fait d’une personne souffrant d’une personnalité limite, d’une psychose maniaco-dépressive. La victime peut parfois être consentante dans le cas de « pacte suicidaire ». la motivation de ces crimes se veut généralement altruiste ou possessive.
  • L’homicide psychotique non délirant : Son auteur souffre soit de schizophrénie de type hébéphrénocatatonique ou héboïdophrénique, soit de séquelles de psychose infantile sous forme de dysharmonie évolutive. La motivation est d’ordre intellectuel plus qu’émotionnel. Le crime se produit parfois pour des causes insignifiantes dans un contexte de réaction impulsive brutale échappant à tout contrôle. Parents et personnes proches sont les victimes les plus exposées
  • L’homicide psychotique délirant :l’auteur du crime souffre au moment de l’acte d’un état délirant aigu ou chronique en période féconde provoquant une altération profonde du rapport à la réalité. C’est la projection délirante sur la victime qui est à l’origine des sentiments de peur, de jalousie et de persécution motivant la réaction meurtrière défensive de l’agresseur. Là encore, les proches parents ont un risque victimologique élevé
  • L’homicide de cause organique : l’auteur est soit sous l’emprise de substance psychoactives, soit souffre d’un trouble métabolique, d’une tumeur cérébrale, d’une démence, de troubles du sommeil. Le meurtre est souvent réalisé au cours d’un état d’excitation confusodélirant aigu avec un vécu onirique persécutoire.




Les personnalités susceptibles de commettre un homicide restent cependant celles atteintes de schizophrénie ou présentant une personnalité antisociale. Schématiquement, Bénézech, 1994, propose la distinction suivante :

Criminel psychopathe

  • antécédents pénaux
  • agressivité fréquente
  • relation extravertie
  • motivation rationnelle
  • arme souvent préparée
  • crime organisé
  • violence variable
  • victime connue ou non
  • complices fréquents
  • suicide faisant suite rare
  • se soustrait à la justice

Criminel psychotique

  • antécédents psychiatriques
  • agressivité rare
  • relation introvertie
  • motivation délirante
  • arme souvent improvisée
  • crime désorganisé
  • violence souvent importante
  • victime connue, proche
  • agit seul
  • suicide faisant suite fréquent
  • se dénonce à la justice et se laisse arrêter