Un peu d’histoire…





Il semble nécessaire de rappeler que tuer un autre homme est en soi un acte banal et naturel, faisant parti des comportements humains au même titre que manger, déféquer, se reproduire… En effet, l’acte de mise à mort peut être central ou marginalisé selon le système de croyance, la place accordée à la mort dans la société dans laquelle à lieu l’homicide. pour preuve, actuellement, il existe un certain nombre de formes légales de mises à morts : la mise à mort, les guerres pour ne citer qu’elles.

Confrontées à cette conduite meurtrière spontanée, toutes les sociétés humaines, pour assurer leur survie, ont été amenées à élaborer des façons de la contrôler et de la réduire. Ainsi, les meurtres et les assassinats sont unanimement réprouvés et condamnés. Les soupapes de sécurité que constituent les guerres, la peine de mort… permettent aux désirs meurtriers d’émerger sans risque pour le groupe.



Homicide et droit pénal





L’acte homicide punissable est un acte réprouvé comme tel dans une société. Sa définition est indépendante de la signification qu’il prend pour la personne qui le commet.

Le code pénal distingue :

  • l’homicide par imprudence ou négligence : il est commis involontairement mais est dû à une faute de l’auteur (maladresse, imprudence, inattention, négligence ou inobservation des règlements). Il est considéré comme un délit ; il est puni de trois ans d’emprisonnement et d’une amende.
  • L’homicide préterintentionnel consiste dans l’infraction de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. La peine encourue, en principe la réclusion criminelle de quinze ans, est portée à vingt ans si l’infraction est accompagnée des circonstances aggravantes énumérées par l’article 222-8 du Code pénal, où l’on retrouve nombre de celles mentionnées précédemment pour le meurtre. Elle est portée à trente ans si l’infraction a été commise « sur un mineur de quinze ans par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par toute autre personne ayant autorité sur le mineur ».
  • L’homicide volontaire qui comprend :

- le meurtre simple, puni de trente ans de réclusion criminelle ; il suppose un acte homicide, positif et matériel, exercé sur une victime vivante même si celle-ci a donné son consentement (euthanasie) ou s’il y a eu erreur sur sa personne, quel qu’en soit le mobile ;

- le meurtre aggravé, puni de la réclusion criminelle à perpétuité ; il suppose une circonstance aggravante prévue par la loi : l’assassinat, ou meurtre commis avec préméditation, c’est-à-dire dessein formé avant l’action d’attenter à la vie d’une personne (le guet-apens, assimilé à la préméditation, ne fait plus l’objet d’une incrimination spécifique dans le Code pénal de 1993) ; le meurtre qui précède, accompagne ou suit un autre meurtre ; le meurtre qui a pour objet de préparer ou de faciliter un délit, de favoriser la fuite ou d’assurer l’impunité de l’auteur d’un délit ; le meurtre commis sur un mineur de quinze ans, sur un ascendant légitime ou naturel ou sur les père ou mère adoptifs, sur une personne particulièrement vulnérable en raison de son âge, d’une maladie, d’une infirmité, d’une déficience physique ou psychique ou de son état de grossesse ; enfin le meurtre commis sur un magistrat, un juré, un avocat, sur tout représentant de l’autorité publique, dans l’exercice de leurs fonctions, et sur un témoin, une victime ou une partie civile.



Clinique de l’homicide





Il est possible de définir l’homicide selon le critères suivant :

  • acte volontaire ou non
  • acte isolé, impulsif, né de la situation par opposition à la préméditation (élaboration préalable de l’acte)
  • récidivisme ou non
  • acte associé à une autre criminalité (vol, viol, actes de barbarie…) ou non
  • mode d’exécution : utilisation d’un outils conçu pour donné la mort (armes à feu, substance toxiques…) ou d’un objet constitué par détournement de son usage habituel (pierre, vase…).
  • Image de l’homicide :

- Homicide « propre » : respect du corps de la victime

- Homicide « sale » : mutilations, profanation du cadavre.

  • Motivation de l’acte : s’il y a présence d’une motivation (vengeance…), l’acte paraîtra plus humain. Par contre, si les motivations de l’agression sont floues, elles feront paraître l’auteur comme porteur d’une dangerosité plus grande.
  • Lien existent ou non entre victime et meurtrier
  • Présence ou non suprapersonnelles, politiques ou révolutionnaires ‘attentat…).

La clinique du meurtrier





Voir aussi...

Ouvrages

Les comportements violents et dangereux