Le terme « transgresser » renvoie à la notion de désobéissance, de violation et induit l’existence d’un cadre de référence. En criminologie clinique, les termes de transgression et de transgresser renvoient souvent aux processus de passage à l’acte et d’impulsivité.

La notion de transgression fait inévitablement appelle à celle de « dangerosité »dont la définition est la suivante : « Etat, situation ou action dans lesquels une personne ou un groupe de personnes font courir à autrui ou aux biens un risque important de violence, de dommage ou de destruction ».

Les actes de transgression existent parce que la société s’est dotée de règles et de lois que, de tout temps, certains individus ont cherché à ignorer, contourner, passer outre… En effet, l’idée que certains individus puissent être dangereux du fait de la nature de leur activité déviante ou de la répétition de leur crime n’est pas chose nouvelle.

Prédicteurs de dangerosité

Aujourd’hui, nous avons pu établir certains facteurs dont l’analyse peut donner une bonne indication de l’importance du risque « statistique » théorique de passage à l’acte violent ou de récidive. Outre le facteur « âge » (entre 15 et 30 ans » et le facteur « sexe » (sexe masculin), les différents prédicteurs de passages à l’actes sont :

Prédicteurs liés à l’enfance du sujet

  • milieu familial brisé et abusif ;
  • brutalités parentales, événements traumatiques ;
  • perte précoce d’un parent ;
  • éducation froide, hostile, permissive ;
  • manque de supervision des parents ;
  • placements familiaux ou institutionnels ;
  • tendances incendiaires, énurésie et cruauté envers les animaux ;
  • échec scolaire.

Prédicteurs liés aux antécédents criminels

  • précocité de la délinquance violente ;
  • multiplicité et gravité des infractions ;
  • condamnations pour violences physiques ou sexuelles ;
  • non-lieux pour troubles mentaux.

Prédicteurs liés à l’état mental

  • immaturité psychologique, intellectuelle et morale ;
  • mentalisation et verbalisation déficientes ;
  • introspection difficile ;
  • incapacité à communiquer avec autrui ;
  • caractère extraverti avec anxiété ;
  • personnalité psychopathique-limite ;
  • troubles psychotiques ;
  • conduites addictives ;
  • impulsivité pathologique, perte de contrôle ;
  • automutilations ;
  • fantasmes déviants agressifs, sexuels, incendiaires, sadiques ;
  • comportement imprévisible, irrationnel ;
  • colère, hostilité ou ressentiment chroniques ;
  • égoïsme, absence de compassion, inaffectivité ;
  • hyperémotivité, instabilité émotionnelle ;
  • fanatisme politique, religieux.

Prédicteurs liés au mode de vie et aux attitudes sociales

  • inadaptation sociofamiliale ;
  • absence d’emploi ;
  • marginalité, toxicomanie, prostitution ;
  • port d’arme, accès à des instruments de violence ;
  • conduite automobile dangereuse, autres conduites à risques ;
  • fréquentation des délinquants ;
  • attitude de victime, vécu d’injustice, critique de la société ;
  • négation ou minimisation des actes violents passés.

Prédicteurs liés à la situation précriminelle

  • situation de crise ;
  • état de stress ;
  • apparition d’un état dépressif ;
  • idées de suicide ou d’homicide ;
  • abus d’alcool et de stupéfiants ;
  • activité et intensité des symptômes psychiatriques ;
  • épisode fécond délirant ;
  • forte intentionnalité de faire mal ;
  • plan concret d’agression.

Prédicteurs liés à la victime virtuelle

  • proximité affective et géographique de la victime ;
  • menaces de mort à l’endroit de la victime ;
  • désignation nominale d’un persécuteur ;
  • victime hostile, provocatrice, dépendante, imprudente, jeune, de sexe féminin, handicapée, malade mentale, privée de liberté.

Prédicteurs liés à la prise en charge

  • d’échec répété des tentatives de réinsertion ;
  • d’absence de projets d’avenir réalistes ;
  • du manque de référents médical et social ;
  • de mauvaises relations avec l’entourage personnel et soignant ;
  • d’absence, refus, inefficacité du traitement psychiatrique.

Parmi ces prédicteurs de dangerosité, relevons que les traumatismes physiques et sexuels pendant l’enfance, la délinquance précoce, l’échec scolaire, l’immaturité, l’inadaptation professionnelle, les conduites addictives et les troubles mentaux tiennent une place importante. De plus, la probabilité qu’une personne commette des actes de violence est considérablement augmentée si celle-ci a déjà été violente dans le passé.

Essai de classification des conduites de transgression

Les conduites de transgressions sexuelles comprennent :

  • exhibition
  • harcèlement sexuel

Les conduites hétéroagressives sont :

  • parricide
  • infanticide
  • libericide

Les conduites autoagressives que représente le suicide.

Les conduites d’appropriation et de destruction qui comptent :

  • vol
  • destruction de biens
  • incendies volontaires
  • escroquerie

Pour plus d'informations sur les statistiques de la criminalité en France, vous reporter sur le site suivant gouvernement intérieur : nombre constaté des différents délits par mois.

Toute documentation sur ces différents sujets sera la bienvenue…




Voir aussi...

Ouvrages

Les comportements violents et dangereux