Il permet un certain nombre d'actions :

  • Mise en place précoce d'un traitement symptomatique visant à « corriger » les symptômes cognitifs et psycho-comportementaux (médicaments anticholinestérasiques essentiellement).
  • Mise en place de stratégies visant à ralentir l'évolution du processus de la pathologie (méthode médicamenteuse et méthodes non-médicamenteuses, par exemple, les stimulations cognitives globales) ;
  • Mise en place d'un projet de prise en charge globale intéressant le patient et sa famille (information, soutien psychologique) avec une stratégie adaptée à chaque phase de la maladie et à chaque patient ;
  • Intensification de la surveillance.

Aujourd’hui, le clinicien est confronté à la difficulté de distinguer les manifestations cognitives qui représentent la phase initiale de processus pathologiques susceptibles d’évoluer vers une démence, de celles qui accompagnent le vieillissement physiologique normal. Hors, le dépistage des sujets à haut risque d’évoluer vers une démence représente un intérêt majeur afin de mettre en œuvre les mesures susceptibles de retarder son apparition.

Les études neuropsychologiques entreprises chez les patients DTA mettent en évidence une hétérogénéité des déficits d’un patient à l’autre et d’un domaine cognitif à l’autre. Il existe cependant une prévalence de certains déficits dans les stades précoces de la DTA qui sont une altération de la mémoire épisodique et des fonctions exécutives, en particulier des processus inhibiteurs. Les plaintes des proches ou des patients DTA ainsi que les observations cliniques indiquent en effet que les atteintes exécutives sont au cœur des difficultés vécues par ces personnes dans leur vie quotidienne. Dès les premiers stades de la maladie, celles-ci rapportent fréquemment des difficultés à exécuter des activités complexes ou demandant de l’attention ou de la flexibilité mentale, comme préparer un repas élaborer ou conduire en région urbaine. Si les troubles de mémoire épisodique on fait l’objet de nombreuses investigations, les déficits des processus exécutives, et plus particulièrement inhibiteurs restent moins bien connus. Cependant, une meilleure connaissance de ces déficits pourrait favoriser le diagnostic précoce de la DTA.

L’objectif de ce travail consiste à déterminer la nature des processus inhibiteurs altérés dans la DTA, à un stade précoce de son évolution. Dans une première partie, nous tenterons de définir le concept de « fonctions exécutives » par la présentation de deux modèles : le modèle du contrôle attentionnel de Norman et Shallice (1980) et le modèle de la mémoire de travail de Baddeley et Hitch (1974, Baddeley, 1986). Dans une seconde partie, nous nous intéresserons plus spécifiquement au processus d’inhibition ainsi qu’à son altération au cours du vieillissement normal. Enfin, dans une troisième partie, nous reviendrons sur la DAT et les différents déficits comportementaux et cognitifs qui la compose. Nous évoquerons le déclin des fonctions exécutives, et plus spécifiquement des processus inhibiteurs. Nous nous questionnerons sur l’atteinte globale ou spécifique de ces derniers en évoquant l’hypothèse d’une préservation des processus inhibiteurs automatiques et un déclin des processus contrôlés au cours de la DTA. Afin d’apporter des éléments de réponse à cette hypothèse, nous emploierons deux tâches censées évaluer les processus inhibiteurs contrôlés, la tâche de Go Nogo et la tâche de Stroop, au sein desquelles nous ferons varier le degrés d’inhibition nécessaire à la réalisation de la tâche.