Comment agit le médicament? certains médicaments sont commercialisés alors qu’on ne sait pas comment ils agissent au niveau cellulaire. Les études pré-cliniques correspondent à une phase de la recherche médicale faite sur l’animal la plupart du temps ou sur des cellules isolées. Sur l’animal, on va rechercher la DL 50 qui va correspondre au seuil maximal d’administration du médicament. Cette phase se fait chez l’homme. On fait appel à des volontaires sains pour évaluer la toxicité éventuelle de la substance pour les systèmes autres que pour lequel elle est destinée. On recherche l’existence d’effets secondaires (qui sont listés sur la notice mais cela ne veut pas dire qu’on va obligatoirement les développer. On fait ensuite appel à des volontaires malades. Quand la personne est sous traitement, on peut lui demander d’arrêter son traitement mais cela n’est pas toujours possible. Puis le laboratoire pharmaceutique demande l’autorisation de commercialiser son médicament.

Quand le médicament est commercialisé, la pharmacologie va s’intéresser à la sécurité de celui-ci. Pendant les 4, 5 premières années de commercialisation, il va y avoir une surveillance grâce aux médecins qui font remonter l’information au centre de pharmacovigilance. Parfois, les effets secondaires peuvent ne pas apparaître pendant les essais cliniques.

La pharmacologie contribue à une meilleure compréhension de la physiologie normale et pathologique. On peut ainsi comprendre les mécanismes sous-jacents d’une pathologies, son origine si on sait comment agissent les médicaments.

Une bonne connaissance des effets placebo et nocebo est indispensable avant toute réflexion sur les substances actives. Il est difficile dans certaines situations de savoir si l’amélioration est due uniquement aux médicaments.

La pharmacologie est un outils de recherche fabuleux pour décrypter les mécanismes intimes de la physiologie. Elle participe à la mise au point de modèles pathologiques chez l’animal qui sont des équivalents expérimentaux de pathologies humaines. Quand on découvre une nouvelle molécule, pour savoir si elle a des potentialités intéressantes, on développe des modèles animales qui ont les mêmes pathologies que l’homme, pour effectuer différents tests. Le problème est que pour certaines pathologies, les modèles animales ne reproduisent pas exactement les pathologies humaines. Exemple : pour le SIDA, on n’a pas de modèle animal équivalent à celui de l’homme même s’il existe le SIDA du chat, du singe… Ils n’évoluent pas de la même façon, ne provoquent pas les mêmes signes que chez l’homme. donc, on ne peut pas évaluer l’efficacité des médicaments contre le SIDA de l’homme sur des animaux. Dans les premières années de recherche sur ce sujet, on a testé directement sur l’homme malade les médicaments ce qui a entraîné beaucoup de morts.

Ainsi parfois, il faut se contenter de modèles équivalents comme par exemple pour la maladie d’Alzheimer, ce qui rend la recherche de médicaments plus dure.

La pharmacologie fait appel à de multiples disciplines :

  • les mathématiques : modéliser et théoriser certains mécanismes pathologiques.
  • La physique
  • La chimie
  • La botanique
  • La physiologie
  • La toxicologie : mise en place des tests de toxicité des substances
  • La chirurgie : pour reproduire certaines maladies chez l’animal. Par exemple pour l’épilepsie, on va léser certaines régions du cerveau pour rendre l’animal épileptique
  • L’imagerie médicale
  • Les biostatistiques
  • L’informatique

La pharmacologie est le fruit de la biotechnologie (thérapie génique, clonage). Aux états unis, on a pratiqué des thérapies géniques chez les personnes ayant des myopathies (toute affection du système musculaire et plus particulièrement atteinte dégénérative des muscles, de localisations diverses, en général familiale et héréditaire, dont certaines formes sont très graves). On sait que dans cette maladie, le manque d’une protéine (absence du gène pour la coder) est la cause de la dégénérescence musculaire. L’idée est d’intégrer dans le génome du malade un fragment d’ADN qui correspond au fragment de la protéine. Le problème est qu’on en maîtrise pas l’endroit sur le chromosome où le gène doit s’intégrer. alors, on injecte le gène au hasard dans le noyau de la cellule. Sur 100 essais, seulement 5 ont été concluants et beaucoup de personnes sont décédées.

La pharmacologie est une source de réflexions bioéthique et d’interrogations sur les techniques modernes de diffusion de l’information (Internet notamment). Mais on aura beau toujours interdire, il y aura toujours des chercheurs pour le faire.