FREUD marque que nous sommes mus, dans la plupart de nos actions, par des mobiles que nous ignorons. Ainsi il nous oblige à renoncer à la maîtrise de soi, il dit par là que “ nous ne sommes pas maître de certains de nos actes ”

LA DECOUVERTE FREUDIENNE.: MISE EN EVIDENCE DE L’INCONSCIENT


L’hypnose

C’est en 1887, lorsqu’il pratiqua l’hypnose, que FREUD remarqua que lorsque des ordres sont donnés à un sujet hypnotisé, celui-ci s’y soumet dès son réveil. c’est bien la preuve que les paroles du médecin ont mis en branle un certain nombre de mécanismes sans que le malade ne sans rende compte puisque celui ci n’était pas conscient lorsque les ordres lui ont été donnés et pourtant il les exécute dès son réveil. Quelque chose qui échappe totalement à la conscience entre donc ici en jeu et produit des effets.

L’association libre

La technique de l’association libre consiste au malade à dire tout ce qui lui vient à l’esprit sans choisir, sans rien cacher, sans faire intervenir son jugement; bientôt apparaissent des événements totalement oubliés et dont il était incapable de se souvenir lorsque sa conscience était vigilante. Ceci constitue pour FREUD la preuve que quelque chose est à l’œuvre dans le psychisme indépendant de la conscience. Cette technique d’association libre est utilisée dans le cas des névroses. En effet, les propos tenus par le patient peuvent paraître incohérents et sans importance; pourtant se sont eux qui permettent de découvrir les entremêlements névrotiques. Ainsi, pour soigner le patient de la névrose, il faut faire “ parler son inconscient ” en détournant les résistances de la conscience.; la cure psychanalytique est là pour sa, pour que “ la conscience puisse entendre l’inconscient sans le faire taire systématiquement ”. L’hypnose fut abandonnée pour soigner les névroses; et effet, cette technique permettait de mettre à jour les souvenirs inconscients sans pour autant les défaire puisque le patient était incapable de se les rappeler une fois réveillé.

Les rêves

FREUD montre que le rêve est la voie royale pour la connaissance de l’inconscient. Il est fréquent que le contenu du rêve et d’abord le fait même d’avoir rêvé soient brouillés, occultés, oubliés ; il est constant que, même lorsque nous jugeons en avoir gardé bonne mémoire et pouvoir en donné une relation fidèle, nous nous heurtons à l’absurdité de ce que le rêve raconte. L’apparente incohérence de la texture du rêve est pour l’inconscient le moyen d’éviter la censure de la conscience qui n’hésiterait pas à réveiller le dormeur si l’expression des désirs contrariants ses normes et ses habitudes était traduits en clair et non pas à travers un code immédiatement inintelligible. La raison du rêve est la dépense énergétique ; le rêve accomplit le désir que la réalité, la société, la loi interdisent.

Incidents révélateurs

Ce sont les actes manqués, lapsus, oublis, erreurs de lecture ou d’écriture. Tous ces phénomènes qui viennent rompre la continuité ou l’apparente perfection des paroles ou des actions sont révélateurs de forces psychiques inconscientes et qui semblent ne pouvoir se manifester que par mégarde et à l’improviste en déjouant ainsi la visée unifiante de la censure.

Mots d’esprit

Si une représentation inconnue est refoulée, elle peut faire retour sous une forme méconnaissable afin de déjouer la censure. Or, curieusement, le double sens d’un mot peur constituer la forme la plus appropriée de ces transformations. Un mot d’esprit se fait par les mécanismes de condensation ainsi que de déplacement. La satisfaction à faire ou à écouter un mot d’esprit tient sur le pur et simple jeu de mots, en tant qu’il renvoie à un plaisir important de l’enfance. Mais FREUD insiste surtout sur le fait que ce qui est dit avec esprit est plus facilement acceptable pour la censure. Le sujet lorsqu’il fait ou écoute un mot d’esprit n’a pas besoin de maintenir le refoulement auquel ordinairement il a recours. Il libère ainsi l’énergie habituellement utilisée à cet usage et c’est dans cette épargne d’énergie qu’il trouve son plaisir, celui-ci se définissant classiquement comme une diminution de la tension.




LE SYSTEME DE L’INCONSCIENT


Les mécanismes de condensation et de déplacement

L’inconscient se caractérise par les processus de condensation et de déplacement.

   * Mécanisme de condensation

La condensation consiste à représenter par un seul une multiplicité d’éléments, d’accumuler en un seul élément représentatif une suite de pensées.

   * Mécanisme de déplacement

Le déplacement est le procédé par lequel un trait secondaire ou un détail insignifiant dans le récit du rêve acquiert dans l’interprétation une valeur centrale; et à l’inverse ce qui est au centre du récit n’a qu’une importance minime. C’est un centrage des pensées du rêve sur un élément de moindre importance.

La logique de l’inconscient

Les désirs de l’inconscient sont indépendants et subsistent côte à côte sans lien. Ils sont toujours actifs et d’origine infantile. Ils sont primaires, c’est à dire qu’ils obéissent au principe de plaisir. L’inconscient a sa logique propre; en effet, celui-ci ignore la négation, le temps et la réalité. Il ignore la négation en ce sens que tout terme qui s’oppose à un autre l’inclue en même temps. Les processus inconscients sont intemporels; le rêve montre à l’évidence que l’inconscient établit des liaisons dans un ordre qui n’est pas celui du temps, que la trace imprimée par un événement n’est en rien modifié par le temps, parce que dans l’inconscient rien ne s’efface. De plus, il faut compter avec la notion “ d’après coup ”, c’est à dire que c’est lorsqu’un événement appartient au passé qu’il est en réalité événement.

Contenus de l’inconscient et énergie inconsciente

L’inconscient est constitué de contenus refoulés qui se sont vus refuser l’accès du système préconscient-conscient par le refoulement. Ces contenus sont des représants des pulsions qui sont fortement investis d’énergie pulsionnelle et cherchent à faire retour dans la conscience. Cette énergie inconsciente s’applique donc à des représentations qu’elle investit ou désinvestit, c’est à dire que le passage d’un élément du système inconscient au système préconscient se produit par désinvestissement d’énergie de la part du premier système et réinvestissement d’énergie par le second système. Cette énergie inconsciente apparaît tantôt comme une force d’attraction exercée sur les représentations et résistant à la prise de conscience et tantôt comme une force qui tend à faire émerger ses rejetons à la conscience et ils ne seraient contenus que grâce à la vigilance de la censure. Ce sont particulièrement des désirs de l’enfance qui connaissent une fixation dans l’inconscient.

Relations entre l’inconscient et la conscience

   *  Refoulement

S’il est difficile de parler de l’inconscient, c’est qu’il ne peut être connu que par la conscience. Or l’inconscient suppose le refoulement (c’est à dire le rejet par la conscience de tout ce qui, venant de l’inconscient, pourrait la troubler) puisqu’il est constitué de contenus refoulés. Quand on dit que la conscience refoule les pulsions inconscientes, on ne se rend pas compte que ce travail est lui-même inconscient et qu’il ne dépend donc pas de la conscience. Dire que la conscience est l’agent du refoulement, c’est lui attribuer un pouvoir qu’elle n’a pas.

   * Dénégation

La conscience se doit de méconnaître l’inconscient, c’est sa façon de le reconnaître, c’est à dire sa manière infaillible d’éviter la reconnaissance en y accédant. Le mode le plus évident de cette méconnaissance est celui de la négation. Celle-ci consiste à accepter le discours de l’inconscient, à lever quelque chose du refoulement, tout en le maintenant de façon formelle, c’est à dire en énonçant sous une forme négative une pensée refoulée. En effet, si je nie quelque chose dans un jugement, c’est que ce quelque chose je préférerai le refouler. Par le symbole de la négation, la pensée se libère des limitations du refoulement.

   * Le préconscient

L’étude des symptômes hystériques ainsi que la formation des rêves exigent de supposer deux instances psychiques dont l’une soumet l’activité de l’autre à sa critique et lui interdit éventuellement l’accès à la conscience. Ce système se nomme préconscient. L’inconscient ne saurait accéder à la conscience si ce n’est qu’en passant par le préconscient.

Par conséquent, l’autonomie de la conscience, la prétendue maîtrise de ses actes n’est qu’une illusion. En effet, le moi n’est pas “ le maître à bord ” ou encore comme l’écrit FREUD, ce n’est qu’un “ clown de cirque qui, par ces gestes, cherche à persuader l’assistance que tous les changements qui se produisent dans le manège sont des effets de sa volonté et de ses commandements ”. Il n’est qu’un cavalier qui conduit son cheval là ou celui-ci veut aller. L’inconscient ne doit rien à la conscience et il l’agit en permanence.