Définition

Définition générale

Le narcissisme est l’amour que porte le sujet à lui-même pris comme objet, “ être amoureux de soi même ” ”. Il est, pour la psychanalyse, l’un des concepts les plus nécessaires à la compréhension de processus fondamentaux tels que le rêve, la psychose, l’instauration du principe de réalité et du principe de constance. Il représente un mode particulier du rapport à la sexualité.

Chez FREUD, découverte et définition

Découverte

L’un des premiers exposés qu’ai présentés FREUD à ce sujet concerna le président Schreber ou il pose le narcissisme comme un stade normal de l’évolution de la libido. L’analyse du président Schreber porte sur le choix d’objet homosexuel de celui-ci. L’homosexuel fait en sorte que son objet sexuel soit le plus semblable à lui même; c’est pour cela qu’il choisit un individu du même sexe. Les homosexuels deviennent ainsi eux-mêmes leur propre objet sexuel, partant du narcissisme, il cherche quelqu’un qui lui ressemble et qu’il puisse l’aimer.

Définition freudienne

Pour FREUD, le narcissisme s’apparente à une perversion dans la mesure où il peut absorber la totalité de la vie sexuelle de l’individu. Il constitue cependant un stade de développement de la libido (énergie sexuelle qui part du corps et qui investit les objets), intermédiaire entre l’auto-érotisme et le choix de l’objet, dont seules les fixations et les formes excessives relèvent de la pathologie. Peut-être ce stade est-il inévitable au cours de tout développement normal?


La libido; le narcissisme du point de vue énergétique

Le sujet a en lui une certaine quantité d’énergie nommée la libido. Cette énergie est soit investit dans un objet extérieur soit investit dans le moi d’où la libido d’objet et la libido du Moi. FREUD établit une balance entre la libido du Moi et la libido d’objet “ plus l’une absorbe, plus l’autre s’appauvrit ”. “ Le Moi doit être considéré comme un grand réservoir de libido d’où la libido est envoyée vers les objets, et qui est toujours prêt à absorber de la libido qui reflue à partir des objets ”.

Considérant la mobilité variable de la libido, on peut facilement envisager le cas de figures extrêmes: - toute la libido du moi se trouverait déplacée sur l’objet; l’objet aimé serait ainsi surinvestit, devient tout puissant face à un sujet désormais humble et soumis. FREUD: “ Cette surestimation sexuelle permet l’apparition de la passion amoureuse et qui se ramène à un appauvrissement du moi en libido au profit de l’objet. ” - toute la libido serait ramenée au Moi ce qui détacherait le sujet du monde extérieur et entraînerait son replie sur lui-même.

La question de la mise en évidence de la libido trouva réponse dans les travaux de FREUD au détour de la pathologie. Certaines affections rendaient comptent d’un désinvestissement du monde extérieur par le malade. Les délires de grandeurs sont l’une des conséquences de ce désinvestissement, d’un afflux d’énergie trop excessif sur le Moi.


Auto-érotisme, narcissisme primaire, narcissisme secondaire

L’auto-érotisme

Terme crée par HAVELOCK-ELLIS en 1898. L’auto-érotisme serait le premier mode de la satisfaction libidinale. C’est un comportement qui vise à la satisfaction sexuelle en utilisant son propre corps, sans recourir à un objet extérieur (succion du pouce, masturbation). Ce qui caractérise l’auto-érotisme n’est pas l’absence d’objet, mais cette faculté pulsionnelle à se satisfaire sur place au niveau partiel d’une zone érogène.

Le narcissisme primaire

FREUD définit le narcissisme primaire comme un état que l’on ne peut pas directement observer, mais dont on doit poser l’hypothèse par un raisonnement récurent.

En effet, la localisation du narcissisme primaire est problématique. Dans la première topique, FREUD le localise entre l’auto-érotisme et le narcissique secondaire. IL explique ainsi que dans l’auto-érotisme en tant que jouissance d’une partie du corps (l’ensemble du corps n’existe pas; celui-ci est morcelé en zones pulsionnelles partielles) et le narcissisme primaire ou le corps propre se constitue comme objet unique. Dans le cadre de l’élaboration de la seconde topique, il revient sur la question de cette localisation. Une nouvelle formulation vient à effacer toute distinction entre l’auto-érotisme et le narcissisme primaire. A l’origine, il n’existait pas d’unité comparable au moi; ce dernier ne se développe que très progressivement. Ainsi la satisfaction de la libido se porte sur le corps propre du sujet ce qui assimilerai le narcissisme primaire et l’auto-érotisme.

En 1914, FREUD met en relief la position des parents dans la constitution du narcissisme primaire “ L’amour des parents en vers leur enfant, c’est leur narcissisme qui vient de renaître ”. Le narcissisme primaire représente en quelque sorte un espace de toute puissance qui se crée dans la rencontre entre le narcissisme naissant de l’enfant et le narcissisme renaissant des parents.

Le narcissisme secondaire

Celui-ci correspond au narcissisme du moi; il est nécessaire que se produise un retournement de l’investissement des objets en investissement du moi pour que se constitue le narcissisme secondaire. Il y a deux étapes dans le narcissisme secondaire: - le sujet concentre sur un objet ses pulsions sexuelles partielles - ces investissements font retour sur le moi. La libido prend le moi pour objet.

Une question se pose alors; pourquoi l’enfant sort-il du narcissisme primaire si s’en suit le narcissisme secondaire? L’explication se trouve dans le fait que l’enfant est progressivement soumis aux exigences qui l’entoure, c’est à dire au principe de réalité. Pour FREUD, le développement du moi consiste à s’éloigner du narcissisme primaire. Mais le moi aspire à le retrouver. Ce qui est perdu entre les deux stades du narcissisme, c’est l’immédiateté de la satisfaction; dans le narcissisme secondaire, on ne s’éprouve plus qu’à travers l’autre.


Patrologies narcissiques

Le névrosé maintient une relation érotique avec les objets par l’intermédiaire des fantasmes, tandis que dans les cas de démence précoce et de schizophrénie, les sujets ont réellement retiré leur libido du monde extérieur. Le névrosé abandonne également sa relation à la réalité; mais sa libido reste attachée dans le fantasme à certaines parties de l’objet: “ il a remplacé les objets réels par des objets imaginaires. ” Dans ces deux maladies, il se produit un retrait de la libido dont l’objet était investi. Aussi le Moi accumule toute la libido qui stagne, et l’objet s’en détache. La coupure avec l’objet est corrélative d’un arrêt de la circulation de la libido.