1. Définition

Le médicament est défini par l’article L511 du code de la santé publique (1967) : « On entend par médicament toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives (vaccins) à l’égard des maladies humaines ou animales, ainsi que tout produit pouvant être administré à l’homme où à l’animal en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier des fonctions organiques ». C’est une définition qui est à la fois large et précise.

Une substance est un terme qui fait référence à une substance normalement présente dans l’organisme (ex : myopathie où la protéine manquante est normalement présente dans l’organisme) ou étrangère à l’organisme (xénobiotique). Beaucoup de médicaments sont issus de substances étrangères à l’organisme.

Une composition est un mélange de plusieurs substances actives (cocktail médicamenteux). Par exemple, la thérapie contre le SIDA utilise 3 types de substances différents combinées qui vont agir à des endroits différents pour empêcher le virus de se développer.

2. Fonctions

Un médicament peut exercer des fonctions diverses.

2.1. Fonctions thérapeutiques

2.1.1. Préventive

  • individuelle (vaccination, paludisme, chimioprophylaxies diverses)
  • collective (chimioprophylaxie préventive de la méningite, de la tuberculose)

2.1.2. Curative

  • étiologique : le médicament s’attaque à la cause de la maladie
  • substitutive : le médicament apporte l’élément manquant à l’organisme. par exemple, après une opération de la thyroïde, il y a un manque en hormone thyroïdienne sans laquelle on ne peut pas vivre.
  • Symptomatique : le médicament s’attaque aux conséquences de la maladie sans traiter la cause, ce qui est très fréquent. Ceci est utilisé notamment quand la cause de la maladie est inconnue. Par exemple, dans les rhumatismes articulaires, l’inflammation des membres entraîne des déformations des articulations. On ne peut pas empêcher l’inflammation de se mettre en place car on n’en connaît pas la cause (génétique, stress, milieu de vie…). Cependant, comme il s’agit d’une pathologie inflammatoire, le symptôme majeur est la douleur. On va donc utiliser un traitement anti-inflammatoire et antalgique (anti-douleur).

2.1.3. Fonction diagnostique

  • opacifiant : sur une radio, il n’y a que les os qui apparaissent opaques. Donc, pour voir un organe creux, on a besoins d’un opacifiant.
  • Traceur : par exemple, pour voir les métastases d’un cancer qui sont des cellules cancéreuses primaires qui ont quitté le cancer et qui sont allé se disséminer ailleurs. On utilise un traceur qui se fixe sur les cellules cancéreuses et qui est légèrement radioactif.
  • Agents pharmacodynamiques pour une exploration fonctionnelle : on regarde le fonctionnement d’un organe, le plus souvent l’intestin : injection d’un produit, de sonde pour une exploration en vue d’un diagnostic.

2.2. Effets du médicament

Chaque médicament à d’abord un effet principal qui correspond à celui pour lequel l’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) été déposé, et des effets secondaires qui, la plupart du temps, sont des effets gênants, imprévisibles et qui justifient le précautions d’utilisation.

Dans certains cas, ces effets secondaires peuvent représenter des propriétés thérapeutiques potentielles. Ceci permet d’utiliser le médicament en le modifiant légèrement pour d’autres utilisations thérapeutiques .

Les effets secondaires sont soit immédiats, soit tardifs. Par exemple, le LARGACTIL est un tranquillisant qui peut induire du parkinsonnisme au bout de 4 à 5 ans. Il modifie l’activité des neurones dopaminergiques qui vont moins bien fonctionner, ce qui va entraîner une maladie de Parkinson. Les effets secondaires peuvent apparaître quand il y a une association de plusieurs médicaments ou en association avec certains aliments. Par exemple, lorsqu’on mélange de la pénicilline avec le lait, le calcium va se fixer sur la molécule de pénicilline qui ne pourra plus passer dans le sang, donc ne pourra pas faire effet. Lorsqu’on mélange les anciens IMAO avec le fromage fermenté, cela peut entraîner des réactions mortelles (poussée brutale de la tension artérielle).

3. Dénomination des médicaments

Chaque médicament possède au moins trois noms :

  • un nom chimique : traduction littérale de la formule chimique développée.
  • Un nom DCI (Dénomination Commune Internationale) : nom que tout les scientifiques utilisent pour dénommer la molécule. Nom de longueur limitée, une dénomination pour le domaine public imposé par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Il y a un segment commun selon le groupe pharmacologique utilisable pour la prescription. Tous les médicaments ayant le même suffixe appartiennent au même groupe thérapeutique. Pour les médicaments hypertenseurs, suffixe « olol », pour les médicaments anxiolytiques, suffixe « pril » et pour les médicaments antiviraux, suffixe « navir ».
  • Le nom de spécialité, de marque ® : exemple : l’Aspro. Pour un générique, seul le nom de marque change.

Sur la boite, sont inscrits :

  • sous le nom de spécialité, le nom du principe actif
  • le nom et l’adresse de l’exploitant, du fabriquant
  • le numéro AMM
  • le mode et la voie d’administration
  • les précautions par rapports aux enfants
  • les mises en garde
  • le mode de conservation

4. Catégories de médicaments

4.1. Les préparations magistrales

Elles sont encore appelées préparations extemporanées. Le médicament est préparé à la demande. Il n’y a pas de conditionnement préalable. Ils sont rares, réalisés par le pharmacien à l’officine. la formule est détaillée sur l’ordonnance et ils sont donnés sous prescription médicale, pour un patient particulier.

4.2. Les médicaments officinaux

Leur composition est décrite par la pharmacopée française (dictionnaire DIDAL) ou au formulaire national (AFSSAPS : Agence Française de Sécurité Sanitaire d’Aliments et des Produits de la santé). Ils sont préparés par le pharmacien, dans son officine, pour des patients.

4.3. Les spécialités pharmaceutiques

Elles sont préparées à l’avance, leur conditionnement est particulier et identiques pour toutes les unités de vente. Ils portent une dénomination spéciale (nom commercial). Ils sont soumis à l’autorisation de mise sur le marché, ils portent un numéro d’A.M.M ils contiennent un principe actif, des excipients, des additifs…

4.4. Les préparations hospitalières

5. Les catégories réglementaires de médicaments

5.1. Liste I

Médicaments présentant des risques élevés pour la santé. Ils sont identifiables par un cadre blanc entouré d’un filet rouge. Ils sont prescrits par ordonnance. Les effets secondaires sont puissants et dangereux.

5.2. Liste II

Médicaments ou produits vénéneux présentant pour la santé des risques directs ou indirects. Ils sont identifiables par un cadre blanc entouré d’un filet vert.

5.3. Les stupéfiants

Substances à risque toxicomanogène élevé (et quelques psychotropes). Par exemple, les benzodiazépines nécessitent un sevrage après une consommation prolongée. Ils sont identifiables de la même façon que ceux de la liste I sauf pour les produits vétérinaires où il y a un double filet rouge.

5.4. Les médicaments en vente libre

6. Les médicaments génériques

Entre le moment où un industriel découvre une molécule et celui où elle est commercialisée, il s’écoule environ 20 ans, ce qui coûte beaucoup d’argent. quand le médicament est commercialisé, l’industriel a l’exclusivité de la vente pendant un temps car il y a un dépôt de brevet du médicament. Il y a 20 ans, le brevet était d’une durée de 20 ans. Ensuite, quand le délai du brevet est dépassé, le médicament tombe dans le domaine public. N’importe quel laboratoire peut le reprendre à son nom et le commercialiser ce qui entraîne une concurrence donc les prix de vente diminuent. Récemment, le gouvernement a diminué la durée du brevet qui est aujourd’hui de 15 ans. On parle de le passer à 10 ans.

Les génériques ont la même composition qualitative et quantitative en principe actif que les originaux. Ils ont la même forme pharmaceutique. Il y a une bioéquivalence avec le produit de référence. Ils ont les mêmes garanties de fabrication, de sécurité et d’efficacité. ils sont inscrits au répertoire des génériques de l’AFSSAPS.

Il devient de plus en plus difficile de faire émerger de nouveaux médicaments. Cela demande de faire appel au thérapies géniques, aux biotechnologies ce qui est coûteux et long.

Voir aussi: