Ce papier consiste en une synthèse du concept de "fantasme" réalisé dans le cadre de mes études(première année de licence de psychologie)

DEFINITION GENERALE

Définition

Le fantasme est une activité psychique qui s’analyse en un scénario imaginaire où le sujet est présent soit comme acteur, soit en tant que spectateur. Celui qui fantasme peut y intégrer des personnes plus ou moins familières bien que non nécessairement reconnues comme telles. Le fantasme figure, de façon plus ou moins déformé par les mécanismes de défense, l’accomplissement d’un désir inconscient. Il est une forme d’activité de pensée soumise au principe de plaisir, comme le sont le rêve et l’hallucination. Il oriente les conduites de chacun et peuvent se traduire par des symptômes. Ceux-ci mettent en scène un conflit entre un désir sexuel et sa défense.

Fantasme et désir

Fantasme et désir ont un rapport étroit, mais leur relation est complexe. Le fantasme ne peut être considéré comme visant seulement à la satisfaction d’un désir de la part du sujet. D’une part, il s’agit de scénarios, de scènes organisées, susceptibles d’être dramatisées; d’autre part, le sujet est toujours présent dans de telles scène même dans la scène originaire, c’est à dire le rapport sexuel entre les parents observée ou supposée à l’aide d’indices puis fantasmée par l’enfant. Dans la mesure où il existe cette articulation entre désir et fantasme, cela ne pourra donner lieu qu’aux mécanismes de défense tels que la dénégation, la projection.... Ces mécanismes de défense sont fondamentalement liés à la fonction première du fantasme à savoir la mise en scène du désir, mise en scène dans laquelle l’interdit se trouve toujours dans la position même du désir.


AVEC FREUD

Historique de la découverte freudienne

Fantasme est un terme utilisé par FREUD, d’abord dans le sens courant que lui donne la langue allemande (fantaisie ou imagination) puis comme concept à partir de 1897. C’est à cette date qu’il abandonne la théorie de la séduction au profit de celle du fantasme bien que dés ses “ Etudes sur l’hystérie ”, il traitait déjà des manifestations fantasmatiques des hystériques. Cependant, cet abandon de la théorie de la séduction laisse FREUD désemparé; il n’arrive pas à relier sexualité infantile, Œdipe et fantasme pour aboutir à une conception aboutie du développement psychosexuel. Il met alors en place le concept de réalité psychique ce qui le conduit à distinguer entre la réalité matérielle, la réalité de ce qui l’appelle “ les pensées de transition et de liaison ” et la réalité psychique proprement dite, noyau irréductible du psychisme, registre des désirs inconscients dont le fantasme est “ l’expression dernière et la plus vrai ”. L’effort de FREUD et de toute la réflexion psychanalytique consiste à rendre compte de la stabilité, de l’efficacité, du caractère organisé de la vie fantasmatique du sujet. Dans cette perspective, il dégage des modalités typiques de scénarios fantasmatiques, tel que, par exemple, le roman familial (traité ci après). Il se refuse à se laisser enfermer dans l’opposition entre une conception qui ferait du fantasme un dérivé déformé du souvenir d’événement réels, et une autre conception qui n’accorderait aucune réalité propre au fantasme et n’y verrait qu’une expression imaginaire. Les fantasmes typiques retrouvés par la psychanalyse amène FREUD à postuler l’existence de schèmes inconscients qui transcendent le vécu individuel, et serait héréditairement transmis: les fantasmes originaires (également traités plus loin).

Le désir premier: Wunsch

Un moment déterminant dans l’élaboration théorique du fantasme chez FREUD fut sa découverte du caractère imaginaire (au sens de “ produit par l’imagination ”) des traumatismes rapportés par ses patients comme causes de leurs difficultés actuelles. Ce qui lui était présenté comme souvenirs s’avérait n’avoir qu’un rapport relatif avec la réalité et même parfois, n’avoir de réalité que psychique. Il en déduisit qu’une force inconsciente poussait l’homme à remodeler son expérience et son souvenir: il y vit l’effet d’un désir premier; le Wunsch. Ce Wunsch était une tentative de reproduire, sur un mode hallucinatoire, les premières expériences de plaisir vécues dans la satisfaction des besoins organiques archaïques. Par la suite, FREUD dut constater que la répétition de certaines expériences suscitant le déplaisir pouvait aussi être recherchées et cela pour le plaisir qu’elles procurent en soi même du déplaisir et des souffrances qu’elles impliquent.

Les désirs sexuels

Le fantasme n’est pas seulement l’effet de ce désir archaïque, il est aussi la matrice des désirs actuels. Les fantasmes archaïques inconscients d’un sujet cherchent en effet une réalisation au moins partielle dans la vie concrète du sujet. Ainsi, ils transforment les perceptions et les souvenirs, ils sont à l’origine des rêves, des lapsus et des actes manqués, ils induisent les activités masturbatoires, ils s’expriment dans les rêveries diurnes, ils cherchent à s’actualiser, de façon déguisée, par les choix professionnels, relationnels, sexuels et affectifs du sujet.

Le roman familial

Le roman familial est une activité fantasmatique inconsciente qui se révèle à l’analyse et qui s’apparente aux rêves diurnes; celui-ci, dit FREUD, “ corrige l’existence ” et vise deux objectifs, le désir et l’ambition, auxquels le roman familial satisfait lui même. D’une part en effet, il sépare, dans le fantasme, le père et la mère, permettant ainsi l’accomplissement d’une partie des désirs œdipiens. D’autre part, il réalise les souhaits de réussites sociales en s’inventant une autre famille que la sienne propre et à s’imaginer fils de prince, de roi, de riche... Le point de départ de ce processus est la compréhension par l’enfant de la différence des sexes. Certes l’enfant pense qu’il est le fils de sa mère, mais son père ne peut être le vrai, d’ou l’invention d’une autre famille. L’un des bénéfices de cette opération est d’ouvrir la possibilité d’inceste sur des sœurs qui du même coup sorte du réseau de l’interdit de l’inceste.

Les fantasmes originaires

Les fantasmes originaires sont des structures fantasmatiques que la psychanalyse retrouve comme organisant la vie fantasmatique, quelle que soient les expériences personnelles du sujet; l’universalité de ces fantasmes s’explique, selon FREUD par le fait qu’ils constitueraient un patrimoine transmis phylogénétiquement. FREUD (1915) “ Je nomme fantasmes originaires ces formations fantasmatiques, observations du rapport sexuel des parents, séduction, castration... ” Ces fantasmes se rencontrent de façon très générale chez les êtres humains, sans qu’on puisse en chaque cas invoquer des scènes réellement vécues chez l’individu. FREUD appellerait donc de ce fait une explication phylogénétique où la réalité reprendrait son droit; ainsi la castration aurait-elle été effectivement par le père dans le passé préhistorique de l’humanité. FREUD (1915) “ Il est possible que tous les fantasmes qu’on nous raconte aujourd’hui en psychanalyse aient été aux temps jadis, aux temps originaire de la famille humaine, réalité, et qu’en créant des fantasmes, l’enfant comble seulement à l’aide de la vérité préhistorique, les lacunes de la vérité individuelle ”. Ainsi dans la scène originaire, c’est l’origine du sujet qui est figurée, dans les fantasmes de séduction, c’est l’émergence de la sexualité, dans les fantasmes de castration, c’est l’origine de la différence des sexes.