Il m’a semblé nécessaire, avant de définir les notions de fixation et de régression, de revenir rapidement sur les différents stades de développement de l’enfant car au cours de mes recherche, j’ai pu constater qu’il en était souvent question.

Les stades psychosexuels sont le reflet durant l’évolution de l’enfant de sa recherche du plaisir et de la prise de conscience croissante des limites sociales de cette quête. A chaque âge, la libido est centrée sur une région particulière du corps appelée zone érogène.

  • stade oral: environ pendant les 18 premiers mois. Les enfants explorent le monde par la bouche.
  • stade anal: de 2 à 3 ans. Conflit avec les parents sur l’acquisition de la propreté. Pendant ce stade, l’enfant découvre que l ’anus peut être une source d’excitation plaisantes.
  • stade phallique: de 4 à 6 ans. Age du complexe d’Œdipe. Les enfants découvrent la différence des sexes. Ils s’identifient au parents du sexe même sexe comme résolution du complexe d’Œdipe.
  • stade latent: de 6 à 11 ans. Les enfants refoulent leurs pulsions sexuels et continuent à s’identifier au parent du même sexe.
  • stade génital: après des années de refoulement, la sexualité refait surface. Les parties génitales deviennent l’objectif fondamental de l’activité sexuelle et les personnes deviennent capables de s’y rapporter et d’aimer les autres à un niveau de maturité.

La fixation

Définition

Dans la théorie psychanalytique, on parle de fixation de la libido lorsque celle-ci s’attarde à l’un des stades (oral, anal, phallique) du développement psychsexuel. La libido peut être retardée par différents événements de la vie de l’enfant: perte d’un parent aimé, carence affective précoce, allaitement au sein exagérément prolongé...

La Régression

Définition

La régression est un mouvement psychique de retour en arrière ou de repli au cours duquel la pulsion, le Moi ou tout autre composante de l’appareil psychique investit à nouveau, sous l’effet d’une frustration, un stade, une position ou un état antérieur abandonné et dépassé, mais rendu toujours actif du fait de la fixation. La clinique montre l’importance et la fréquence, tout au long de l’évolution de l’enfant, de ce mécanisme prioritairement défensif.

Dans le développement de la personne, la régression désigne le retour du sujet à des moments dépassés de sa croissance. Cela ne signifie pas qu’il y ait fatalement réapparition d’une conduite ancienne, mais simplement que le sujet se comporte comme un individu plus jeune.

Exemple de régression: A la suite de la naissance d’un frère ou d’une sœur, un enfant peut se remettre à mouiller son lit (énurésie), à salir ses culottes (encoprésie), à parler comme un bébé ou encore à réclamer son biberon.

Différentes formes de régression

FREUD distingue la régression temporelle, la régression topique et le régression formelle. Si la première est constante et commune chez les enfants et les adolescents, les deux autres caractérisent plus spécialement des mouvements pathologiques.

1- La régression temporelle

Elle définit toutes les formes que peut revêtir le retour, chez l’adulte, de sentiments et d’attitudes infantiles. Il existe une régression temporelle normale (jeu, laisser- aller, soumission au chagrin ou à la maladie) et une régression temporelle pathologique (retour au stade anal dans la névrose obsessionnelle, régression narcissique dans l’auto-érotisme)

2- La régression topique

C’est le passage de la pensée à l’évocation imaginaire, quasi hallucinatoire.

3- La régression formelle

Elle définit un mode de penser qui ne s’embarrasse pas des cadres logiques, mais laisse les idées, les images se succéder au gré des associations (ressemblances, coïncidence dans le temps, rapport affectif). Il existe un régression formelle normale (rêverie, pensées non dirigée, création artistique) et pathologique (psychose, état toxique).

Fixation et régression

La notion de régression est couplée avec celle de fixation; en effet, la régression ne pourrait avoir lieu si au préalable, il n’y avait pas fixation de la libido à l’un des stades du développement de l’individu.

Si cette régression s’effectue grâce aux points de fixation, alors elle devient pathologique; ce mécanisme est notamment présent dans la perversion. Selon A. FREUD, les points de fixation sont des points d’accrochage d’une partie de l’énergie pulsionnelle à des buts et à des objets précoces lors d’un mouvement régressif, tandis que l’autre partie de l’activité pulsionnelle poursuit son mouvement progressif.

1- Chez l’enfant

Si la fixation est le facteur interne qui déclenche la régression, il est également nécessaire d’invoquer les facteurs externes de la frustration qui crée des tensions intolérables pour l’appareil psychique. Anna FREUD nous dit que le Moi de l’enfant est amené à développer des mécanismes de défenses contre le retour du pulsionnel, ce qui se traduit par une annulation de bénéfices précédemment acquis. “ Tandis que les forces de maturation et d’adaptation tendent à augmenter l’efficacité des fonctions du moi fidèles à la réalité, les défenses contre le déplaisir travaillent en sens contrairement à leur tour, altèrent les fonctions du moi. Dans ce domaine donc, marche avant et marche arrière, progression et régression alternent constamment. ” Comme l’évolution libidinal est fluctuante, l’enfant ne reste pas définitivement au stade ou sa régression l’a conduit.

2- Chez l’adolescent

Dans la mesure où l’adolescence est un temps crucial de restructuration psychique, la régression y est fréquente et multiple. Mais son intensité, sa globalité et son caractère durable représentent des risques pathologiques graves et sont le signe, le plus souvent, d’entrée dans la psychose.

La réactivation des points de fixation à l’oralité et a l’analité est la contrepartie inévitable de l’afflux libidinal massif consécutif à la puberté. C’est alors que les parents voient apparaître la crise d’adolescence tant redoutée. La régression narcissique qui est caractéristique de cette âge pousse l’adolescent à éprouver des sentiments de honte et d’infériorité vis à vis de lui même. La rage qui en résulte le pousse à l’agressivité contre les autres et contre lui-même.