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Anatomie

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mercredi, avril 22 2009

Neurocytologie : Qu’est ce qu’un neurone ?

neurocytologie.jpg Description anatomique du neurone. Le neurone est l'unité fondamentale, morphologique et fonctionnelle du tissu nerveux...




1.Introduction

La neurocytologie est un vaste domaine d’étude car il concerne l’étude des cellules du système nerveux. Rappelons que le système nerveux est composé de deux parties :

  • le système nerveux central qui comprend le cerveau et la moelle épinière
  • le système nerveux périphérique composé des nerfs

Le système nerveux est constitué de neurones qui en sont l’unité de base. Ce sont des cellules hautement différenciées et par conséquent très spécialisées. Les neurones accomplissent des fonctions précises et sont connectés les uns aux autres. Leur fonction principale est la communication ; on peut parler de « dialogue » entre les neurones. Ils reçoivent, traitent (attribution d’une signification) et transmettent les informations. Par conséquent, le cerveau est informé en permanence de ce qui se passe en périphérie (au niveau des membres, des organes…).

La neurocytologie consiste en l’étude des cellules nerveuses. Le domaine de la neurocytologie existe pour deux raisons principales :

  • les neurones représentent le support neurobiologique du cerveau qui permet d’élaborer différents comportements, actions… Tout ce que l’on fait ou imagine faire repose sur l’activité neuronale, sur des signaux électriques échangés entre des cellules situées dans différentes parties de l’organisme.
  • les pathologies cérébrales relèvent de modifications et de l’altération cellulaires. On parle de pathologies neurodégénératives (exemple de la maladie d’Alzheimer) : des modifications du fonctionnement cérébral entraient des modifications comportementales.

La neurocytologie regroupe deux domaines d’étude. Le premier est celui de la cytologie et le second, celui de l’histologie. Le premier, la cytologie est une branche de la biologie traitant de la structure et des fonctions cellulaires. L'objet de la cytologie est de comprendre la structure et les activités des divers éléments cellulaires, le mécanisme de la division cellulaire, le développement des cellules sexuelles, la fécondation et la formation de l'embryon, les dysfonctionnements cellulaires tels que le cancer, l'immunité cellulaire et les divers aspects de l'hérédité. Le second, l’histologie, étudie la structure microscopique des tissus et des cellules des animaux et des végétaux.

2.Le neurone

L’unité de base du système nerveux est constituée par la cellule nerveuse appelée neurone. Les neurones présentent plusieurs particularités qui les distinguent des autres types de cellules de l’organisme. Tout d’abord, leur nombre, évalué à plus de 100 milliards est quasi complet dès la naissance. Une autre particularité du neurone réside dans le fait qu'il sert uniquement de lieu de passage à l’information nerveuse. Les neurones ont un diamètre compris entre 0,001 et 0.005 mm d’où l’importance de la microscopie.

2.1. Classification des neurones

Par vision au microscope, on voit qu’il existe de nombreux types de neurones dont la structure diffère selon le rôle qu’ils jouent dans le système nerveux : un neurone sensoriel n’a pas la même conformation qu’un neurone moteur par exemple ou qu’un inter neurone de la moelle épinière ou de l’écorce cérébrale.

2.1.1.Selon le nombre de neurites

Le terme neurite désigne l’ensemble des prolongements constituant un neurone, c'est-à-dire l’axone et les dendrites. On retrouve :

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  • Les neurones unipolaires : ils sont constitués d’un seul type de prolongement, un axone. La synapse s’effectue directement sur le corps cellulaire.
  • Les neurones bipolaires constitués d’un axone et d’une dendrite.
  • Les neurones multipolaires

2.1.2.Selon les dendrites

typeneuronemultipolaire.jpg

  • Arborisation dendritique : Certains neurones ont un développement important de la région dendritique ; dans ce cas, un même neurone peut établir des milliers de synapses. Certains neurones sont appelés cellules étoilées ; on observe des prolongements tout autour du corps cellulaire.
  • Epines dendritiques : la surface des dendrites n’est pas lisse ; il existe des replis et sur chacun d’eux s’effectue un contact synaptique.

2.1.3.Selon les connexions établies

  • Neurones sensoriels
  • Neurones moteurs
  • Inter neurones

2.1.4.Selon la longueur de l’axone

On se réfèrera à la classification de Golgi :

  • Neurone de type I : neurone de projection : l’axone est très long ce qui permet de projeter, d’emmener l’information très loin
  • Neurone de type II : l’axone est très plus court ; ce sont les neurones d’association.

2.1.5.Selon le neurotransmetteur

Chaque neurone va synthétiser des neurotransmetteurs (une substance chimique).

2.2. La diversité des fonctions

L’existence d’une morphologie multiple des neurones signifie qu’ils vont chacun avoir un rôle bien précis et spécifique. Il existe :

  • Les neurones de projection
  • Les inter-neurones : ils établissent des contacts entre les neurones. Ils ont un rôle de modulation locale. Ils sont généralement inhibiteurs : le neurotransmetteur sécrété est le GABA qui a un rôle de frein dans le fonctionnement cérébral.
  • Les neurones neuroendocriniens : ils sont situés dans l’hypothalamus et l’hypophyse. Ils font synapse avec des vaisseaux sanguins pour libérer des hormones.

Cette diversité dans les rôles entraine le fait que les neurones ne sont pas interchangeables. Une greffe n’est donc pas possible à la différence des cellules de la peau par exemple.

Cette diversité permet d’avoir un fonctionnement cérébral complexe, performant et élaboré.

Quelle que soit sa fonction, le neurone se compose toujours de trois parties essentielles :

  • Le corps cellulaire
  • Le pôle de réception de l’information : les dendrites
  • Le pole effecteur de l’information : l’axone

2.3. Les différentes parties du neurone

2.3.1.Le corps cellulaire

corps_cellulaire.jpg Egalement appelé soma ou périkaryon. Chez un neurone typique, son diamètre est de 20 μm. Il contient une substance, le cytosol qui est une solution salée riche en potassium dans laquelle il y a le noyau de la cellule et des organites. Le cytoplasme désigne l’ensemble des éléments délimités par la membrane plasmique.



2.3.2.Les neurites

Les neurites sont les prolongements du neurone. On retrouve :

  • Les dendrites : elles sont multiples et généralement courtes. C’est le pole de réception, la région qui reçoit l’information synaptique.
  • L’axone : il est unique mais peut se diviser en colatérales à sa terminaison. Il est plus long et plus grand au niveau de la moelle épinière. Il est le pole effecteur du neurone ; il permet d’envoyer l’information nerveuse vers un autre neurone.

myeline.jpg L’axone est parfois recouvert par une gaine de myéline. Elle est constituée d’un ensemble de membranes de nature lipidique. Elle permet d’augmenter la vitesse de conduction de l’influx nerveux. Cette gaine n’est pas continue ; il existe des interruptions appelées des nœuds de Ranvier. L’influx nerveux peut passer de nœuds en nœuds ; c’est la conduction saltatoire. Dans certaines pathologies, comme la sclérose en plaques par exemple, il y a une désorganisation de la gaine de myéline entrainant une perturbation de la conduction de l’influx nerveux et par conséquent une altération de la totalité du fonctionnement cérébral.




2.3.3.La membrane du neurone

Elle est constituée d’une double couche lipidique. Elle n’est pas continue ; elle présente des pores, les canaux ioniques. Par ces pores vont passer des ions de nature diverse, manifestant la quantité d’échanges entre les milieux intra et extracellulaires. Certaines substances toxiques vont bloquer les canaux ioniques ce qui aura pour conséquence le dysfonctionnement du système nerveux.

2.3.4.Le noyau

Il s’agit d’une structure ronde, délimitée par une membrane, l’enveloppe nucléaire. C’est le centre de commande de la cellule car il contient l’ADN (Acide Desoxyribo- Nucléique).

L’homme possède 46 chromosomes constitués d’ADN compacté. L’ADN porte l’information génétique et peut se diviser en un grand nombre de gènes. Les gènes sont essentiels et ils vont coder les différentes protéines nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme ; on parle de code génétique.

2.3.5.Les organites

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2.3.5.1.Le réticulum endoplasmique rugueux

Il était également appelé «corps de NISSL ». Il s’agit d’un empilement de lamelles recouvert de Ribosomes. Les ribosomes sont de petits organites qui permettent de transformer l’ARNm en protéines.

2.3.5.2.Le réticulum endoplasmique lisse

Il est lisse car il ne possède pas de ribosome. Son rôle est de contrôler la concentration intracellulaire en calcium. En effet, ce qui permet la création de potentiels d’action est l’entrée de calcium dans la cellule. Le réticulum endoplasmique lisse va permettre la régulation des potentiels d’action.

2.3.5.3.Appareil de Golgi

Il permet le traitement post traductionnel des protéines. La protéine traduite n’est pas finie. L’appareil de Golgi va donner à la protéine des caractéristiques pour devenir par exemple une enzyme. Si elle n’est pas traitée, la protéine ne sert à rien.

2.3.5.4.Les mitochondries

Ce sont de petits organites qui sont nécessaires pour fournir de l’énergie à la cellule ; par exemple, lorsqu’un neurone synthétise un neurotransmetteur, il a besoin d’énergie. On les trouve également à l’extrémité de l’axone, là où sont libérés les neurotransmetteurs. L’énergie nécessaire au fonctionnement des neurones et l’ATP (Adénosine triphosphate).

2.3.6.Le cytosquelette

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Réseau de fibres intracellulaire qui a une fonction morphologique (permet de donner au neurone une certaine forme) et participe de façon dynamique au transport de certaines substances à l’intérieur du neurone.

A la différence des organites, le cytosquelette est caractéristique du neurone. Il se situe à l’intérieur du cytoplasme et est composé de différents éléments ; des fibres, des filaments. Ils participent à la morphologie cellulaire. Le cytosquelette est très important ; il n’a pas seulement un rôle morphologique mais également un rôle dynamique. En effet, chaque fibre est composée de multiples protéines, des monomères (unités de base). La polymérisation de ces monomères permet la constitution des fibres et filaments. Au contraire, la dépolymérisation signifie la destruction des fibres. Ainsi, ces deux phénomènes de polymérisation-dépolymérisation permettent la flexibilité du cytosquelette, autrement dit, ils interviennent dans les mouvements des cellules.

Il existe différents types de fibres.

2.3.6.1.Les microtubules

Petites structures creuses (tuyaux) jouant un rôle dans le transport de substances neuronales et d’organites. Ils apparaissent comme des sortes de réseaux, de rails, situés le long de l’axone. Ces transports se font en fonction des besoins du neurone. Quand il y a une atteinte au niveau des microtubules, les neurones ne peuvent plus communiquer entre eux.

Les microtubules sont faits d’unités, les tubulines. Cet assemblage est possible car chaque unité est polarisées (exemple du fonctionnement des piles). Les microtubules sont stabilisés par d’autres protéines, les protéines TAU. Dans la maladie d’Alzheimer, il y a une dépolymérisation des microtubules du fait d’une altération de la protéine TAU. L’assemblage des tubulines se fait grâce aux protéines MAP ; il s’agit d’une grande famille de protéines dans la protéine TAU fait partie. Ainsi, comme ces protéines participent à la stabilisation des microtubules, elles interviennent danss la plasticité neuronale (changement d’allure du cytosquelette). La plasticité neuronale entre en jeu l’apprentissage, la mémoire et la neurodégénérescence.

Les microtubules participent aux transports de substances ; il existe différents types de transports :

Les transports antérogrades rapides

Ils s’effectuent du corps cellulaire vers l’extrémité de l’axone à une vitesse de 200 à 400 mm par jours.

Les substances véhiculées par ce type de transport sont celles entourées d’une membrane, comme la plupart des organites. C’est notamment le cas des vésicules synaptiques : elles sont soit crées au niveau de la synapse, soit, pour la plupart, elles sont crées au niveau du corps cellulaire et transportées vers l’axone, la synapse.

Les transports antérogrades lents

Leur vitesse est de 0,2 à 8 mm par jours. Ils sont plus lents que les précédents car moins vitaux pour le bon fonctionnement du neurone.

Les substances véhiculées par ce type de transport sont certains monomères du cytosquelette. Par exemple, la création d’une nouvelle synapse par un neurone n’est possible que s’il y a une modification du cytosquelette à l’endroit de la nouvelle synapse. Cette modification nécessite des monomères synthétisés au niveau du corps cellulaire puis transporté à l’extrémité de l’axone.

Ces transports véhiculent également des enzymes.

Les transports rétrogrades rapides

Ils se font de l’extrémité de l’axone vers le corps cellulaire à une vitesse de 100 à 200 mm par jours.

Les substances véhiculées par ce type de transport sont notamment les lysosomes. Il s’agit de vésicules contenant des substances acheminées vers le corps cellulaire afin d’être recyclées (économie du système). C’est le cas entre autres des neurotransmetteurs non utilisés qui sont recapturés afin d’être transportés vers de nouvelles vésicules synaptiques et renvoyés vers l’axone.

Toute substance qui bloque les transports neuronaux va entrainer la disparition du neurone.

2.3.6.2.Les neurofilaments

On peut observer des neurofilaments uniquement dans les cellules nerveuses.

Il s’agit de longues molécules protéiques enroulées à la façon d’un ressort. Ils interviennent surtout dans la morphologie du neurone. Ils ont un rôle de structure (alors que les microtubules ont également un rôle dynamique) ; ils participent à la flexibilité du neurone.

2.3.6.3.Les microfilaments

Les microfilaments sont de petits filaments constitués de protéines d’actine. Ils participent à la morphologie neuronale et sont responsable d’une flexibilité plus fine que les neurofilaments.

dimanche, septembre 21 2008

Vascularisation du cerveau

02a.jpg Les artères cérébrales et leur illustration

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mercredi, septembre 10 2008

Point de vue fonctionnel de l’œil

oeil-cones-batonnets.jpg La lumière va être captée par des photo-pigments qui sont différents selon qu’il se situent sur les cônes (en rouge sur l’image) ou les bâtonnets (en orange sur l’image). Les bâtonnets ne comptent qu’un seul type de photo-pigments : la rhodopsine. Sous l’effet de la lumière, une réaction photochimique se produit ; il s’agit de la transduction, la transformation de l’énergie photochimique en énergie bioéléctrique (potentiels d’action). Il existe trois sortes de cônes qui ont chacun des photo-pigments différents, les opsines, permettant la vision des couleurs. Un animal qui ne possède pas d’opsine ne peut pas voir les couleur ; c’est le cas du rat.

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lundi, septembre 1 2008

Anatomie de l'oeil

oeil.jpg L'œil (pluriel les yeux) est l'organe de la vision c'est-à-dire l'organe des sens qui permet à un animal d'analyser la lumière pour pouvoir interagir avec son environnement.

Dans le monde animal, il existe au moins quarante types d'organes visuels que l'on appelle « yeux ». Cette diversité pose la question de l'origine de la perception visuelle. Les yeux les plus simples sont tout juste capables de déceler la différence entre lumière et obscurité tandis que les yeux les plus complexes, comme l'œil humain, permettent de distinguer les formes et les couleurs.

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mercredi, avril 23 2008

Latéralisation hémisphérique


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Méthodes d'études des localisations cérébrales fonctionnelles

split_brain.jpeg Les méthodes d'études des localisations cérébrales fonctionnelles comprennent entre autres le paradigme d'écoute dichotique, les experiences par présentation tachitoscopique, l'étude des patietns split-brain et le test de Wada

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mercredi, mars 21 2007

Découverte historique du système nerveux

tr_panation.jpg Evidence d'une intervention chirurgicale datant de la préhistoire.

Depuis toujours, cerveau et pensée fascinent l'être humain. Il est prouvé que, dès la préhistoire, nos ancètres considéraient le cerveau comme un organe vital. Même si le rôle de celui-ci fut parfois mis à l'écart au profit du coeur, nombreux sont les philospohes, médecins, mathématiciens à s'étre questionnés sur cet étranger organe dont il reste encore beaucoup à découvrir...

Des origines lointaines...

La connaissance des rapports entre le corps et l’esprit a toujours fasciné et attiré les penseurs, philosophes et scientifiques, depuis les temps les plus reculés et dans toutes les civilisations. C’est ainsi que dans les civilisations incas ou aztèques, on retrouve des instruments qui servaient à ouvrir les boites crâniennes, pouvant être considérés comme des témoignages des débuts de la neurochirurgie. On constate qu’il existe une réelle volonté de comprendre, de voir ce qui se passe.

Cerveau et Grèce Antique

Pendant l’antiquité, pour père fondateur de la médecine, Hippocrate (460-377 av JC), le cerveau est impliqué dans les sensations et est également la siège de l'intelligence: « les hommes doivent savoir que du cerveau et du cerveau seulement naissent nos plaisirs, nos joies, nos rires et plaisanteries aussi bien que nos peines, nos douleurs, nos chagrins et nos larmes ». Cependant, cette opinion n'est pas unanimement partagée. Aristote (384-322 av JC) considérait le coeur comme le centre de l'intellect. Il attribuait au cerveau un rôle secondaire, celui du refroidissement du sang.

Cerveau et Empire romain

Le personnage le plus important de cette période était le médecin Galien(130-200). Celui-ci partageait les opinions d'Hippocrate sur le rôle du cerveau. Son point de vue sur le cerveau provient probablement des nombreuses disséctions effectuées sur les animaux, en particulier des chèvres et des singes. Entre autre, il montra que le cerveau contrôle la voix et que les artères transportent le sang, réfutant une croyance vieille de quatre siècles selon laquelle les artères transportaient de l'air. De plus, en ouvrant le cerveau en deux, Galien découvrit des espaces creux, les ventricules, dans lesquels se trouve un liquide. Cette découverte correspondait parfaitement à la théorie de l'époque selon laquelle les fonctions du corps dépendaient de l'équilibre de quatre liquides vitaux appelées les humeurs. Sa théorie était que les sensations étaient enregistrées et les mouvements initiés par le déplacement de ces humeurs vers ou à partir des ventricules, en empruntant les nerfs qui étaient considérés comme semblables aux vaisseaux sanguins. L'opinion de Galien domina la théorie médicale pendant quatorze siècles.

Le cerveau de la Renaissance au XIXème siècle

C’est à partir de la Renaissance qu’ont débuté les investigations sur le cerveau. Léonard de Vinci (1452–1519) en a fait beaucoup de croquis. Vesalius (1515-1564), un anatomiste, a dessiné tous les cerveaux qu’il avait disséqués. Ces cerveaux provenaient de personnes saines ou lésées. Ses dessins étaient très précis et exacts et donnèrent beaucoup de précisions sur la structure du cerveau.

vesalius.jpg Représentation des ventricules cérébraux du cerveau humain par Vesalius. On peut remarquer une grande précision apportée par l'auteur à la description anatomique des ventricules cérébraux.




da_vinci.jpg Représentation du corps humain par Léonarde de Vinci








Descartes (1596-1650) fut l'un des défenseurs de la théorie mécaniste de Galien impliquant le mouvement des fluides pour réaliser les fonctions cérébrales. Cependant, il émit quelques limites à cette hypothèse. Selon lui, il existait des fonctions cérébrales de natures différentes; les premières étaient communes à l'homme et à l'animale alors que les secondes étaient spécifiques à l'homme. Seules les premières fonctions (mouvements et sensations) pouvaient être expliquées par la théorie de Galien. Les secondes, qui regroupent l'âme et l'intelligence étaient attribuées à Dieu et par conséquent éxistaient en dehors du corps et n'étaient donc pas contrôlées par celui-ci. Selon Descartes, ces différentes fonctions étaient en lien via la glande pinéale.

Aux XVIIème et XVIIIème siècle, les scientifiques de l'époque se détournèrent de la théorie de Galien grâce à l'étude de la substance cérébrale. Ils découvrirent que celle-ci est composée de deux parties, la substance grise et la substance blanche. C'est alors que les premières théories impliquant la relation entre structure cérébrale et fonctions cérébrales virent le jour: puisque la substance blanche est en continuité avec les nerfs du corps, il est envisageable qu'elle contienne les fibres qui véhiculent l'information vers et à partir de la substance grise.

A la fin du XVIIIème siècle, les connaissances sur le système nerveux peuvent se résumer ainsi:

  • distinction de deux grandes parties au sein du système nerveux: le système nerveux central, composé du cerveau et de la moelle épinière et le système nerveux périphérique constitué de tous les nerfs
  • une atteinte du cerveau peut supprimer les sensations, empêcher le mouvement, altérer la pensée, et même entraîner la mort.
  • les nerfs assurent la communication entre cerveau et corps
  • distinction dans le cerveau des circonvolutions délimitées par des sillons, sous-régions ayant probablement des rôles différents

Cerveau et XIXème siècle

Il faut attendre le XIXème siècle pour voir apparaitre les premiers travaux sur l'anatomie microscopique du système nerveux, et ce grâce à l'introduction des techniques chimiques de fixation et de coloration. En effet, l’observation des cellules nerveuses composant le cerveau était difficile car celui-ci est composé de plusieurs milliards de neurones. Deux noms sont attachés à cette période de pionniers : celui de l’espagnol Cajal et celui du neurobiologiste italien Golgi. Le premier, Golgi a inventé la « réaction noire » en 1873 qui consiste en une imprégnation des cellules par le nitrate d’argent. Cette coloration est sélective ; elle ne colore que quelques neurones. L’utilisation de cette technique a permis de voir pour la première fois les prolongements (axones, dendrites) d’un neurone. Golgi émet alors l’hypothèse que les neurones forment un réseau continu. On sait aujourd’hui que cette hypothèse est fausse ; il existe l’espace synaptique entre les neuronesqu’on ne distingue qu’avec la miscoscopie électronique. Cajal, en utilisant la méthode de Golgi, montra que le système nerveux est constitué d’un réseau de cellules séparées, les neurones.

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Coloration de neurones par la méthode inventée par Golgi

Pour leurs travaux Cajal partagea, en 1906, le prix Nobel de Physiologie ou Médecine avec le cytologiste Golgi.

Parallèlement, il y eut beaucoup d’études sur l’aspect fonctionnel des neurones. Au 19ème siècle, Von Helmholtz mesura la vitesse des influx nerveux sur une grenouille ; il trouva 27 m/s. Ces influx nerveux seront appelés plus tard des potentiels d’action.

Gall (1758 – 1828), neuroanatomiste, s'interrogea sur les fonctions des circonvolutions du cerveau. Deux hypothèses ont été émises : soit le cerveau fonctionne de façon globale, soit il se compose de régions spécialisées permettant d’accomplir des fonctions précises. Gall énonça la deuxième hypothèse et, à partir de celle-ci, inventa la phrénologie. Selon Gall, si une région se développe plus que les autres, ceci entraîne une déformation de la boite crânienne au niveau de cette région. Il a observé des crânes de centaines de personnes représentant un large éventail de personnalités, depuis le surdoué jusqu'au fou criminel. Il a publié une carte phrénologique où étaient représentées des régions relatives à 27 qualités ou fonctions telles que la fidélité, l’esprit de famille, l’agressivité… Le mérite de Gall fut de suggérer pour la première fois une correspondance entre fonction et localisation et en cela, il peut être considéré comme le premier "localisationniste".

phr_nologie.jpg Carte phrénologique. Ici, on voit que les traits de comportement tels que la spiritualité ou encore l'idéalisme peuvent être mis en rapport avec la forme de différentes parties du crâne. Le développement particulier d'une de ces fonctions pouvait être suspecté par une voussure plus importante du crâne.




Les vues de Gall n'étaient pas partagées par tous les scientifiques de l'époque. En particulier, le français Flourens affirmait que les fonctions mentales n'étaient pas localisées mais que le cerveau était impliqué tout entier dans chaque fonction mentale. Autrement dit, pour Flourens, chaque partie du cerveau était capable d'accomplir chacune des fonctions cérébrales. cette théorie globaliste, également appelée "équipotentielle" eut par la suite un grand succès, en particulier chez certains théoriciens allemands et Freud en fut un fervent défenseur.

C'est au neurologue français Paul Broca qu'il revient d'avoir apporté les éléments les plus déterminants sur la question de la localisation des fonctions cérébrales. Il examina un patient, aujourd'hui connu sous le nom de "cas tan" qui ne pouvait plus parler. Celui-ci était uniqument capable de dire "tan". Cependant, le patient comprennait le langage. En 1861, quand cet homme mouru, Broca eut l'idée d'éxaminer son cerveau et décourit une lésion cérébrale au niveau de du lobe frontal gauche. Après avoir observé de nombreux cas similaires, Broca en conclu que cette région particulière, qui sera plus tard appelée "aire de Broca", était impliqué dans le langage, et plus particulièrement dans l'articulation du langage parlé. Une autre hypothèse aujourd'hui avérée de Paul Broca fut de dire que les deux hémsiphères cérébraux n'étaient pas identiques du point de vue fonctionnelle. Il fut le premier à parler de "spécialisation hémisphérique".

Dans la même ligné, en 1876, l'allemand K. Wernicke différencia les aphasies expressives, liées à une lésion de l'aire de Broca et les aphasies récéptives découlant d'une atteinte d'une région plus postérieur de l'hémisphère gauche, région ultérieurement appelée "aire de Wernicke". Cette aphasie récéptive portait sur la compréhension du langage. De ces recherche, Wernicke développa une théorie connue sous le nom "d'associationnisme". Selon lui, seules les fonctions les plus élémentaires (sensorielles et motrices) sont strictements localisées sur le cortex. Les plus complexes seraient sous la dépendance de structures qui connectent entre elles les structures sensorielles et motrices (les aires associatives et les faisceaux de substance blanche).

broca.jpg Portrait de Paul Broca

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Photographie du cerveau à partir duquel Broca établi la théorie de la localisation des fonctions cérébrale.

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Schéma représentant l'aire de Broca située au niveau du lobe frontal gauche et l'aire de Wernicke située dans le lobe temporal gauche.



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